Mgr Robert Cissé, nouvel archevêque de Bamako, la capitale du Mali, s’est engagé à promouvoir le dialogue, la coopération interreligieuse et le développement durable dans le pays.
Mgr Cissé a été nommé archevêque de Bamako en juillet 2024 par le pape François. Il a succédé au cardinal Jean Zerbo, qui a pris sa retraite pour raison d’âge.
Dans une déclaration à l’issue d’une audience avec le président intérimaire malien Assimi Goîta, le 28 octobre, Mgr Cissé a assuré qu’il œuvrera à renforcer les liens entre les différentes communautés religieuses, rapporte le journal burkinabé L’Info du Monde. Le prélat entend favoriser un climat de paix et d’harmonie, essentiel dans un contexte marqué par des tensions.
Éviter un conflit religieux
Celui qui était évêque de Sikasso (sud) depuis 2022 a souligné «l’importance de l’unité et de la solidarité» entre les confessions, rappelant que la collaboration interreligieuse était «cruciale» pour surmonter les défis socio-économiques auxquels le Mali est confronté.
L’audience présidentielle a coïncidé avec la publication d’un document de l’œuvre d’entraide catholique Aide à l’Église en détresse (ACN/AED) indiquant qu’à Mopti (centre), les chrétiens sont confrontés à «des persécutions intensifiées» d’extrémistes musulmans. Ils sont contraints de verser aux islamistes, une taxe «jizya» (impôt religieux) de 25’000 FCFA (35 francs suisses) s’ils ne veulent pas perdre leurs lieux de travail, tels que leurs champs cultivables.
ACN/AED relaye ainsi la voix d’un citoyen qui croit encore en la République du Mali et en ses dirigeants. L’homme demande «une action immédiate» pour éviter un conflit religieux dans le pays. (cath.ch/ibc/ag/rz)
Au cours des cinq dernières années, le Mali a été confronté à une escalade de la violence due aux insurrections islamistes, aux conflits ethniques et aux groupes armés, qui a déstabilisé une grande partie du pays. Les troubles politiques ont atteint leur paroxysme en 2020 et 2021 avec deux coups d'État militaires qui ont conduit à la mise en place d'un gouvernement de transition dirigé par une junte. Les relations avec la France se sont détériorées, entraînant le retrait des troupes françaises et, plus tard, la fin de la mission de maintien de la paix des Nations unies en 2023. Le Mali s'appuie de plus en plus sur le soutien paramilitaire russe, notamment le groupe Wagner, dans un contexte d'instabilité régionale persistante. RZ
28/07/2024
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