"Signe de la dignité de la femme", l'utérus est le "laboratoire de vie" confié par Dieu, a estimé Mgr Claudio Gugerotti au cours d'une homélie le 23 septembre 2019 en Ukraine, a rapporté la nonciature à Kiev. Le nonce apostolique dans ce pays s'est ainsi élevé contre la pratique de la gestation pour autrui (GPA) autorisée dans ce pays.
“Combien de tourments, de drames, de douleurs et de
péchés défigurent le visage de nos familles”, a déploré le représentant du pape
dans le pays qui reste l'un des plus pauvres d'Europe. Parmi les nombreuses
blessures qui affligent l'Ukraine, le nonce apostolique n'a pas hésité à citer
l'alcoolisme mais aussi l'avortement ou l'euthanasie.
Mais cela ne s'arrête pas là. “Lorsque l'on tente
de supprimer la famille elle-même, comme souvent dans l'histoire de l'humanité,
on finit par détruire la société, qui est une famille de familles”, a expliqué
Mgr Gugerotti. L'un des drames actuels est celui de la marchandisation du corps de la
femme, à commencer par la gestation pour
autrui (GPA). Pourtant, l'utérus est “la chose la plus sacrée” chez la
femme.
L'utérus est en effet le “signe de la dignité de la
femme, a-t-il souligné, le laboratoire de vie que Dieu lui a confié”. Il n'est
pas une simple “fabrique d'organes” mais “un lieu où l’Artiste tisse, un à un,
ces enfants qui sont le fruit de l’amour, qui doivent se sentir désirés et
aimés même en difficulté, qui sont la tendresse de nos jours et l’espérance de
notre avenir”.
500 à 2'000 enfants nés par GPA
Si le recours à une mère porteuse demeure interdit
dans bon nombre de pays européens, la législation ukrainienne l'autorise sous
conditions. Ainsi en 2017, on estimait à entre 500 et 2000 le nombre de GPA, un chiffre vraisemblablement
en hausse ces dernières années. A noter que l'immense majorité des couples
ayant recours aux mères porteuses en Ukraine sont étrangers, attirés par le
faible coût de la pratique dans ce pays.
Dans sa Nouvelle charte des opérateurs de
santé (2017), le Saint-Siège dénonce la GPA comme "contraire à la
dignité de la femme, à l'unité du mariage et à la dignité de la procréation de
la personne humaine". Cela revient en effet à "fragmenter la
maternité en réduisant la gestation à une incubation irrespectueuse de la
dignité et du droit de l'enfant". (cath.ch/imedia/pad/mp)