Le Messie, la Bible et les chrétiens : (080189)
Bruxelles, 8janvier(APIC) "En définitive, ce serait une erreur de croire
que l’Ancien Testament a fourni une sorte de ’portrait robot’ du Messie à
venir, qui ne pouvait être que Jésus." Telle est la conlusion à laquelle
aboutit Jacques Vermeylen dans son dernier ouvrage, un opuscule de 52 pages
intitulé : "Attendre le Messie. Histoire d’une espérance".
"Jésus est le Messie", annonçaient les premiers chrétiens au lendemain
de la Résurrection, en s’appuyant sur divers passages de l’Ancien Testament. Au fil des siècles, les mêmes passages ont fourni aux chrétiens matière à montrer que Jésus est bien le Messie attendu. Mais au fait, attendu
depuis quand ? Prêtre bruxellois et spécialiste de l’Ancien Testament, Jacques Vermeylen vient boulverser quelques évidences. Et ce n’est pas du tout
pour le plaisir de bousculer.
Il y a près de 3.000 ans, en Israël, le roi comme bien d’autres
souverains orientaux, était un personnage sacré : il était d’office marqué
par Dieu pour être un monarque idéal, autrement dit un "messie". Pas
question, à l’époque, d’attendre un messie à venir : il était déjà là!
Tout s’écroule au VIe siècle avant notre ère : Nabuchodonosor, roi de
Babylone, s’empare de Jérusalem, envoie une partie de la population en
exil. C’est la fin de la monarchie israélite. C’est à partir de là que les
croyants vont reporter leurs espoirs sur la venue dans l’avenir d’un
nouveau chef idéal. Mais ce n’est que moins d’un siècle avant Jésus que les
Juifs se mettent à préciser leur attente du Messie. "En vérité, écrit
Jacques Vermeylen, le messianisme n’a joué qu’un rôle relativement mineur
dans la pensée israélite ancienne". "Cette constatation, ajoute-il, ne doit
pas troubler les chrétiens : c’est, en effet, dans un sens très différent
et plus essentiel que Jésus est venu ’accomplir les Ecritures’."
(apic/cip/bd)
Jacques Vermeylen, "Attendre le Messie. Histoire d’une espérance",
Bruxelles, Ed. "Connaître la Bible", coll. "Horizons de la foi" no 25,
1988, 52 pages.