Témoignage d’une chrétienne libanaise au coeur de la tourmente
Fribourg, 23août(APIC) Le Liban doit tout d’abord se libérer de toutes
les occupations qu’il subit depuis des années. C’est seulement dans la paix
et libéré des puissances étrangères qui occupent leur territoire que les
Libanais pourront enfin se réunir et restaurer leur pays disloqué par 15
ans de guerre. C’est ainsi que Jocelyn Khoueiry, une Libanaise responsable
du mouvement de femmes chrétiennes "La Libanaise", a confié à l’agence APIC
les aspirations de ses compatriotes à la paix et la restauration de leur
patrie.
"Le fait que le pape Jean Paul II se prononce sur le Liban a donné un
courage énorme aux chrétiens du Liban", relève Jocelyn Khoueiry. Il connaît
bien le problème du Liban, il est conscient de la valeur unique de ce pays:
"témoin de la liberté" et "refuge de tous les exilés du Proche-Orient",
ajoute-t-elle.
Le seul problème du Liban, c’est l’occupation militaire du territoire
par des forces étrangères, Israël et la Syrie principalement. C’est seulement après leur départ que les Libanais pourront restaurer leur pays et recréer le modèle de coexistence pacifique entre les religions qu’il représentait aux yeux du monde jusqu’en 1975. C’est pourquoi, Jocelyn Khoueiry
se refuse, comme bien des Libanais, à accepter les arguments des puissances
étrangères. D’ailleurs, de nombreux Libanais, chrétiens et musulmans, luttent déjà ensemble pour l’indépendance de leur pays.
Selon Jocelyn Khoueiry, le Liban, comme terre multiconfessionnelle,
était rejeté par les idéologies extrémistes environnantes comme le sionisme, l’islam fondamentaliste ou l’expansionnisme syrien. Mais, pour la
responsable de "La Libanaise", l’entente entre les 17 confessions et religions qui vivent au Liban existe toujours, il est même très solide puisqu’il a permis aux Libanais de tenir, malgré la guerre.
Le mouvement "La Libanaise"
Le Liban est un cas unique. Entouré de régimes totalitaires, il a une
vocation de paix, de coexistence, de reconnaissance et de respect mutuels
des différentes religions. Un des but du mouvement "La Libanaise" est de
restaurer cet idéal de coexistence en formant théologiquement,
spirituellement et patriotiquement les femmes chrétiennes libanaises.
Fondé le 31 mai 1988, d’où son nom "La Libanaise, Femme du 31 mai", il
regroupe, pour l’instant, une quarantaine de femmes chrétiennes de tout le
pays et des trois principales confessions chrétiennes présentes au Liban :
maronite, grecque-catholique et grecque-orthodoxe. Mouvement chrétien, il
aspire à avoir des contacts avec des mouvements de femmes musulmanes dans
une compréhension et une acceptation mutuelle de l’autre. (apic/bd)