Le lancement du Synode africain prend du retard (050790)
Interview de Mgr Henri Teissier, archevêque d’Alger
Alger, 5juillet(APIC) Le 6 janvier 1989, jour de l’Epiphanie, Jean Paul
II annonçait "une initiative de grande importance pour la diffusion de
l’Evangile" : la convocation d’un Synode africain, accédant ainsi à de nombreuses requêtes venues d’Afrique. Membre de la Commission préparatoire du
Synode africain, Mgr Henri Teissier, archevêque d’Alger, a confié jeudi à
l’agence APIC qu’il est "tout à fait amer" de voir comment le lancement du
Synode africain prend du retard parce que le secrétariat du Synode est
"débordé".
APIC:Vous qui faites partie de la Commission organisatrice, pouvez-vous
nous dire où ce Synode aura lieu ?
MgrTeissier:Ce n’est pas encore fixé. Les Africains aimeraient bien sûr
qu’on l’organise en Afrique. Au secrétariat du Synode, on aimerait plutôt
l’organiser à Rome. Il faut dire qu’il y a des problèmes pratiques, mais
quand on nous oppose ces arguments, on oublie de considérer par exemple que
la dernière réunion de la CETA - la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (protestante) - a eu lieu à Nairobi avec 700 personnes et que cela n’a
posé aucun problème. Les évêques catholiques résidentiels en Afrique ne
sont que 380, par conséquent ils sont deux fois moins nombreux que les responsables des Eglises protestantes qui ont pu se réunir à Nairobi... Le
secrétariat du Synode à Rome, de son côté, a l’air de considérer cela comme
impossible.
APIC:Le Synode africain a semble-t-il déjà pris du retard. Quand se
déroulera-t-il ?
MgrTeissier:Effectivement, il n’y a pas encore de date. Le secrétariat
général du Synode à Rome (que dirige Mgr Jan Schotte, de Belgique), se dit
débordé, parce qu’il a à la fois à préparer le Synode ordinaire sur la formation des prêtres, qui va avoir lieu en octobre, le Synode européen qu’on
vient d’annoncer, et le Synode africain... Et il y a trois ou quatre prêtres, là-bas, au secrétariat du Synode, pour faire ce travail!
Alors que le continent africain aurait pu être chargé directement de
préparer cette assemblée, on a tout confié à cette structure à Rome. Résultat : on n’a toujours pas reçu les "lineamenta", les premières orientations, - que l’on attendait en février -, et on paralyse le lancement. Le
pape a annoncé ce Synode le 6 janvier 1989, et nous sommes début juillet
1990, et nous n’avons toujours pas reçu les orientations que la Commission
préparatoire a préparées.
APIC:Il y a donc, du côté de l’Afrique, une certaine frustration ?
MgrTeissier:Je ne peux pas parler au nom de l’Afrique, mais je parle en
mon nom propre, et je suis vraiment tout à fait amer de voir qu’on n’a pas
encore reçu les orientations qui permettent de lancer ce Synode. (apic/be)