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    Ayasel Slay affirme sa fierté d'habiter à La Mecque (YouTube.com)

    Le gouverneur de La Mecque ordonne l'arrestation d'une rappeuse

    Les autorités de La Mecque, en Arabie saoudite, ont ordonné l'arrestation de la rappeuse Ayasel Slay. En cause, une chanson dans laquelle elle "offenserait" les coutumes et traditions de la ville sainte.

    Dans une vidéo de la chanson "Mecca Girl" (fille

    de La Mecque), publiée en février 2020 sur YouTube, Ayasel Slay, portant le

    voile, affirme sa fierté d'habiter à La Mecque. La vidéo a été tournée dans un

    café de la cité saoudienne qui abrite les principaux lieux saints de l'islam. La

    chanteuse est entourée de jeunes personnes qui dansent en souriant. La vidéo

    n'est plus visible que partiellement.

    Relents racistes

    Le prince Khalid bin Faisal, gouverneur de La Mecque, a ordonné l'arrestation des personnes ayant participé à la réalisation et à la diffusion de la chanson, rapporte le 24 février 2020 le média qatari Al Jazeera. Le tweet des autorités affirme que la vidéo "offense les coutumes et les traditions des habitants de La Mecque et contredit l'identité et les traditions de son estimée population".

    L'affaire a provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux

    sociaux. Certaines avec des relents de racisme, liés au fait que la rappeuse

    est d'origine africaine. De nombreux posts sont également apparus en soutien à

    Ayasel Slay. Ils dénoncent en particulier l'hypocrisie du régime saoudien, qui

    d'une part invite à la tolérance et à l'ouverture et d'autre part réprime les

    tentatives d'affranchissement des normes sociales.

    Ouverture et fermeture

    L'Arabie saoudite a en effet lancé, ces dernières années,

    une série de réformes économiques et sociales, sous le patronage du Prince

    Mohammed bin Salman. Les femmes ont notamment été autorisées à conduire des

    véhicules et le Royaume s'est ouvert aux activités de divertissement et au

    tourisme.

    Les changements ont toutefois été accompagnés par un renforcement

    de la répression interne, note Al Jazeera.

    Amnesty International a récemment qualifié le bilan de l'Arabie saoudite en

    matière de droits de l'homme d'"abyssal", ajoutant que le pays est

    "sous l'emprise d'une vaste répression contre les détracteurs du

    gouvernement". (cath.ch/aljazeera/rz)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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