Pour la première fois depuis la modification de ses statuts, l’Autorité de supervision financière du Vatican (ASIF) a publié son rapport annuel le 15 juillet 2021. Passé de 9 à 13 salariés, le “gendarme financier du Vatican” a complètement revu sa structure pour répondre à sa nouvelle mission.
Dans le sillage de la réforme voulue par le pape François, l’Autorité d’information financière a été transformée en Autorité de supervision financière en décembre 2019. Ce changement de structure est venu renforcer les pouvoirs de cet organe créé en 2010: toutes les organisations du Saint-Siège sont désormais obligées de lui rapporter les mouvements financiers de capitaux suspects.
Complètement repensée en 2020, l’ASIF comporte non plus deux mais trois bureaux et un nouvel organigramme, met en lumière le rapport. Le Bureau d’information financière qui existait précédemment s’est vu transformé en unité consacrée au renseignement. Quant au Bureau de surveillance et de réglementation, il a été scindé en deux, donnant naissance à deux unités, l’une consacrée aux affaires légales et à la règlementation, la seconde dédiée à la surveillance.
Ces trois bureaux sont pilotés depuis avril 2020 par Giuseppe Schlitzer, directeur de la structure, assisté de Federico Antellini Russo, son vice-directeur. Depuis l’arrivée de Carmelo Barbagallo à la présidence, en novembre 2019, les effectifs de l’ASIF ont donc doublé, passant de six à treize personnes. En raison de toutes ces évolutions, 2020 est une année riche de changements « importants et profonds » pour l’ASIF, déclare Carmelo Barbagallo en introduction.
Une plus grande synergie entre le Saint-Siège et l’État de la Cité du Vatican
Long de 52 pages, le rapport salue l’efficacité de l’institution pour prévenir les activités suspectes: en 2020, quelque 89 rapports d’activités suspectes ont été établis, dont 16 envoyés au Bureau du Promoteur de la Justice. Si ces chiffres sont difficiles à interpréter – le Saint-Siège ne donnant pas de clefs de lecture – l’ASIF souligne la meilleure qualité de ces signalements grâce à la mise en place d’indicateurs d’anomalies plus détaillés.
Le rapport souligne encore que 49 demandes d’information ont été échangées avec d’autres autorités du Vatican, concernant 124 sujets. Ces chiffres témoignent d’une croissance significative par rapport à l’année précédente, qui confirme les synergies considérables créées entre les institutions du Saint-Siège et de l’État de la Cité du Vatican dans la lutte contre les activités criminelles, explique le rapport sans toutefois fournir les données de 2019.
Le document met également en lumière une diminution de l’utilisation de l’argent liquide au Vatican notamment en raison de la mise en place du circuit SEPA qui garantit de meilleurs standards de sécurité et de traçabilité.
L’élargissement des compétences de l’ASIF a engendré une meilleure collaboration entre cette institution et les autres organes du Vatican, est-il encore précisé. De nombreuses institutions ont en effet pu être formées aux risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme. Le Vatican a également lancé un processus d’évaluation détaillé pour permettre une vue d’ensemble des menaces et des vulnérabilités des secteurs et des entités individuelles.
La rigueur du Saint-Siège saluée par Moneyval
Ce document annuel revient enfin sur le rapport Moneyval publié un mois plus tôt et les engagements pris par l’ASIF à la suite de cette inspection. Après cet audit dont les résultats récompensent la « rigueur » du Saint-Siège, Moneyval a décidé de soumettre le Saint-Siège à une inspection ordinaire, est-il précisé. Cela signifie que la prochaine vérification de la conformité technique aura lieu dans trois ans et celle concernant l’efficacité dans cinq ans. (cath.ch/imedia/cg/mp)