Rome, 16août(APIC/CIP) Le film de Martin Scorcese "La dernière tentation
de Jésus-Christ" n’a pas fini de faire des vagues, tant aux Etats-Unis,
qu’en Italie, ou il figure au programme de la Biennale de Venise, qui commence le 29 août prochain. Selon Mgr Anthony Bosco, évêque de Greensburg
(USA) et président de la commission épiscopale américaine pour les moyens
de communications sociales, ce film controversé ne peut être taxé de
blasphématoire.
Mgr Bosco, qui a pu visionner une copie du film avant son montage, s’en
explique et donne son impression: "Il ne s’agit pas d’un grand film, pas
plus qu’il n’a une grande inspiration théologique. Mais les critiques, qui
émanent surtout des milieux fondamentalistes américains, sont le plus souvent basées sur une esquisse du scénario contenant des scènes qui n’ont finalement pas été réalisées", déclare l’évêque de Greensburg. Pour ce dernier, "c’est probablement pour cette raison que s’est répandue la rumeur
selon laquelle le film traiterait de la vie sexuelle du Christ et d’un rapport scabreux avec Marie-Madeleine. Ce n’est pas exact et , dans ce sens,
je ne pense pas que l’on puisse taxer le film de blasphématoire", s’est-il
exprimé.
Les propos de Mgr Bosco, nuancés, tranchent singulièrement avec les critiques faites par de nombreuses associations catholiques qui menacent de
faire appel à la justice pour empêcher la projection d’un film qu’elles juges, elles, blasphématoire. Quant à la commission que préside Mgr Bosco,
elle a émis un jugement très tranché puisqu’elle qualifie le film de "moralement offensant".
Le principal défaut du film, aux yeux de Mgr Bosco, est "l’absence
d’amour : on y montre un Christ constamment irrité, qui ne connaît ni
tendresse ni miséricorde. Jésus semble mû par la haine qu’il éprouve pour
les pauvres, les aveugles, les boîteux qui lui demandent des miracles.
C’est tout à fait à l’opposé du Jésus de l’amour que Scorcese prétend avoir
voulu représenter".
L’évêque américain attribue les vives réactions enregistrées aux EtatsUnis à une insatisfaction croissante. "Le film, dit-il, a focalisé ce
désenchantement. Il a été l’occasion de clamer à tous les vents que notre
société est déchristianisée". Et Mgr Bosco de conclure: "Passer d’un désaccord justifié à la croisade, comme on le voit de divers côtés, est parfaitement inutile". (apic/cip/pr)