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    Le dossier du carmel d’Auschwitz n’est pas clos (200689)

    "Que l’Eglise tienne sa parole", lance Me Théo Klein

    Paris, 20juin(APIC) La construction d’un couvent pour les carmélites installées sur le site du camp d’Auschwitz débutera début 1990, les autorités

    polonaises venant de délivrer un permis de construire au cardinal Macharski, archevêque de Cracovie. Si les derniers obstacles semblent ainsi levés,

    pour la communauté juive, cependant, le dossier de ce carmel - qui aurait

    dû être évacué au plus tard le 22 février - n’est pas clos. Les manifestations de protestation juives vont certainement continuer. "Que l’Eglise

    catholique tienne la parole qu’elle a donnée", lance Me Théo Klein, représentant la partie juive dans les négociations avec l’Eglise.

    Ancien président du Conseil représentatif des institutions juives de

    France (CRIF) et du Congrès juif européen (CJE), Me Klein est chargé de

    suivre le dossier du carmel d’Auschwitz au titre du CJE. Il a reçu jeudi

    dernier une lettre du cardinal Albert Decourtray, qui préside la délégation

    catholique dans les négociations, lui annonçant que le permis de construire

    a été délivré, les quatorze propriétaires des terrains sur lesquels sera

    construit le nouveau couvent ayant accepté de vendre.

    "Obstacles polonais"

    "Cela aurait été une bonne nouvelle il y a deux ans" a déclaré Me Klein

    à l’agence APIC. "Aujourd’hui, cela veut dire que l’Eglise n’a pas été en

    mesure d’exécuter les engagements qu’elle a pris à bonne date". Et de souligner qu’il y a "des obstacles polonais". "Est-ce qu’ils sont administratifs, culturels, politiques, religieux, je n’en sais rien, mais les obstacles sont essentiellement polonais. Il faut qu’il soit bien clair, nous

    ne sommes intéressés qu’à une chose, poursuit Me Klein, c’est qu’il soit

    mis fin à l’occupation d’un bâtiment qui est le symbole même de ce qui

    s’est passé là-bas... la mort industrielle des juifs, organisée froidement

    et qui n’a pas de précédent dans l’histoire. Nous voulons que l’on restitue

    ce bâtiment à son état antérieur, qui est celui du silence".

    Une "provocation" qui met en danger le dialogue judéo-catholique

    Il est urgent, souligne avec force Me Klein, si l’on veut maintenir la

    possibilité d’un dialogue judéo-catholique, "qu’il soit mis fin à une situation hautement préjudiciable et qui choque d’autant plus profondément

    que depuis nos accords, nous avons vu surgir en plus des signes de cette

    présence des soeurs une grande croix de sept mètres, un chemin de croix et

    toute sorte de choses que nous n’avons aucun inconvénient à voir construites sur le territoire de la Pologne où l’Eglise catholique règne en maître,

    mais qu’on n’était vraiment pas obligé de construire à cet endroit-là,

    alors qu’on s’était déjà engagé à déménager le carmel". "Je le constate et tout le monde avec moi - comme une provocation, affirme Théo Klein, et

    il m’est difficile de comprendre pourquoi on ne trouve pas une solution

    provisoire qui permette à ces soeurs de prier dans le calme, comme elles le

    désirent, mais dans un autre lieu... en ne réglant pas rapidement ce problème, on ne le rend que plus difficile à résoudre".

    "Les catholiques sont en train de tout gâcher"

    Il ne faut pas oublier, poursuit-il, les réactions des Polonais qui ressentent les manifestations juives comme une provocation. Et ce que relève

    Me Klein est un fait: les Polonais sur place supportent mal que des groupes

    juifs viennent manifester devant le carmel et la situation se polarise.

    L’Association polonaise des victimes du nazisme a fait circuler un appel

    contre le déplacement du couvent en avril dernier. D’autres relèvent qu’à

    Auschwitz sont également morts des Polonais, des prisonniers de guerre soviétiques, de nombreux tziganes, des résistants de nombreux pays...

    On est en train de constater de part et d’autres des provocations tout

    simplement parce qu’on n’a pas été en mesure d’exécuter dans les délais les

    engagements pris, déplore-t-il. "Je voudrais que les catholiques comprennent qu’ils sont en train de gâcher un travail minutieux, difficile, qui a

    été fait durant des années par des hommes de bonne volonté, et qu’ils vont

    avoir de plus en plus de difficultés à exécuter les accords simplement parce qu’ils n’ont pas le courage de trancher dans le vif." Pour la partie

    juive, conclut Me Klein, la lettre de Mgr Decourtray est un acte de bonne

    volonté, mais ne clôt pas du tout le chapitre. (apic/be)

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