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    Le dominicain Timothy Radcliffe atteint l’âge limite des cardinaux électeurs

    Le 22 août 2025, le dominicain britannique Timothy Radcliffe fêtera ses 80 ans et ne fera plus partie des cardinaux électeurs. Prédicateur de renommée internationale, ancien supérieur des dominicains, il a joué un rôle important sous le pontificat de François, notamment dans le cadre du Synode sur l’avenir de l’Église.

    Timothy Radcliffe a été cardinal électeur seulement huit mois, pendant lesquels il a participé au conclave ayant élu Léon XIV. Avec cet anniversaire, le Collège cardinalice comptera désormais 248 cardinaux, parmi lesquels 129 électeurs en cas de conclave et 119 non-électeurs.

    Né le 22 août 1945, Timothy Radcliffe grandit au sein d’une famille catholique où l’ambiance n’est «ni rigide, ni dévote» – comme il l’a confié par la suite. «À l’école j’étais un mauvais garçon: j’allais au pub, je fumais et j’ai failli être renvoyé parce que je lisais L’Amant de Lady Chatterley pendant la bénédiction», se souvient-il dans le journal La Stampa. Sa vocation à la vie religieuse mûrit au contact de son grand-oncle bénédictin, qui, durant la Première Guerre mondiale allait chaque nuit dans le no man’s land chercher les mourants, au péril de sa vie. «C’était la personne la plus joyeuse et pleine de vie que j’aie jamais connue, et j’ai appris par elle que la religion apportait une joie profonde.»

    Pas de renoncement aux plaisirs de la vie

    «Après l’école, mes amis non catholiques me disaient que ce en quoi je croyais n’était pas vrai, et c’est ainsi que j’ai été attiré par l’ordre dont la devise était 'Veritas‘», explique-t-il aussi. Timothy Radcliffe entre donc au sein de l’Ordre des prêcheurs à l’âge de 20 ans, en 1965. Mais pour autant, le dominicain ne se considère pas comme quelqu’un qui a «renoncé aux distractions et aux plaisirs de la vie». « Dans la vie dominicaine, nous reconnaissons depuis 800 ans que nous sommes faits de chair et de sang. Saint Dominique a fondé l’ordre des prêcheurs dans un pub, et presque tous ses premiers miracles consistaient à produire du vin. Nous menons une vie humaine, bonne et joyeuse, et nous croyons que la plénitude du bonheur que nous cherchons se trouve en Dieu».

    Itinéraire d’un prédicateur à succès

    Il se forme en théologie à Paris, auprès d’Yves Congar, et à Oxford. Il est ordonné prêtre le 2 octobre 1971. Au début de son ministère, il enseigne notamment l’Écriture sainte à Oxford – ville où il réside encore aujourd’hui –, au Blackfriars Hall Oxford, une institution de l’université. Timothy Radcliffe est par la suite prieur du couvent d’Oxford de 1982 à 1988, puis provincial d’Angleterre de 1988 à 1992.

    Au fil des ans, sa popularité acquiert une dimension internationale, ses livres de vulgarisation de la foi rencontrant un grand succès. En bon dominicain, il rejette le terme «spiritualité», par lequel la critique caractérise souvent ses écrits, préférant s’en référer à une pensée théologique. Sa popularité lui vaut même d’être présenté comme un papabile par certains médias lors du conclave de 2005, bien qu’il ne fût pas cardinal.

    Dans son style de prédication, il puise abondamment dans les auteurs profanes, la poésie, la littérature, surprenant son auditoire en prenant des lieux communs à contrepied, et surtout, parsème ses propos de traits d’humours qu’il décoche avec son flegme britannique imperturbable.

    Promoteur de la justice sociale

    Élu maître général des dominicains en 1992, le Père Radcliffe devient le 84e successeur de saint Dominique. À ce poste jusqu’en 2001, il voyage sur tous les continents (sauf l’Antarctique, note le site de sa congrégation) pour visiter les diverses communautés, donner des conférences et animer des retraites. Il fonde le réseau de bénévoles laïcs envoyés en mission Dominican Volunteers International et contribue à l’établissement du bureau de représentation des franciscains et des dominicains auprès des Nations unies.

    Timothy Radcliffe est aussi directeur de l’Institut Las Casas de Blackfriars Hall, qui promeut la justice sociale et les droits de l’homme, de 2014 à 2016. Au sein de la Curie romaine, il est nommé en 2015 consulteur du Conseil pontifical pour la justice et la paix – aujourd’hui englobé au sein du dicastère pour le Service du développement humain intégral.

    Une voix des réformes du pape François

    En 2023, le célèbre prédicateur britannique, à peine remis d’un grave cancer de la mâchoire ayant momentanément perturbé son élocution, est nommé par le pape François assistant spirituel des deux assemblées mondiales du Synode sur l’avenir de l’Église, où ses méditations sont appréciées et remarquées. Au fil de ses interventions, le Père Timothy n’a de cesse d’appeler à dépasser les clivages «progressistes / conservateurs». Il se situe dans la ligne inclusive du pape François, qui plaidait pour accueillir tout le monde dans l’Église. «Peu importe ce que tu as fait, qui tu es, quelle est ton orientation sexuelle, ici c’est ta maison et nous devons t’écouter», martèle le dominicain.

    S’il est apprécié au-delà des étiquettes, certains médias défendant une ligne conservatrice considèrent que Timothy Radcliffe est une personnalité «controversée». Son assistance aux malades du sida dans les années 1980 – il a été l’un des premiers prêtres britanniques à leur consacrer une attention pastorale – lui a valu une réputation de «pro-LGBT».

    Le «choc total» du cardinalat

    Si le dominicain n’hésite pas à défendre le bien qui existe dans les relations entre deux personnes de même sexe, il se dit toutefois partisan de la doctrine de l’Église qui réserve le mariage entre un homme et une femme. Au moment de la parution en 2023 du document Fiducia supplicans autorisant les bénédictions de couples homosexuels, il montre une nouvelle fois sa liberté de parole, critiquant tout autant les esprits rétifs que le manque de concertation qui a caractérisé ce texte de la Doctrine de la foi.

    En 2024, l’annonce de son cardinalat est pour lui «un choc total». Selon son souhait, il est resté simple prêtre et continue à porter la bure blanche et non pas la pourpre cardinalice. Même s’il n’a été électeur que quelques mois, il a participé au conclave des 7 et 8 mai 2025, qu’il a décrit dans La Stampa comme «une expérience fascinante». Commentant le choix de Robert Prevost, il a salué un homme «très doué pour faire la paix, pour la construire», possédant «le grand don de rassembler les personnes, de guérir les blessures et les tensions». (cath.ch/imedia/ak/rz)

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