Oui, pour la musique, mais à certaines conditions...
Rome, 17décembre(APIC) Le document sur "Les concerts dans les Eglises"
publié par la Congrégation pour le Culte divin du 5 novembre de cette année
est enfin arrivé!
Le document présente d’abord le "nouveau" phénomène des concerts dans
les Eglises, ses raisons aussi bien esthétiques que pratiques et les interrogations et les critiques que ces concerts ont suscités. Le document qui
s’adresse aux Conférences Episcopales et aux Commissions nationales de Liturgie et de Musique Sacrée conseille de relire la Constitution sur la liturgie de Vatican II, l’Instruction "Musicam Sacram" du 5 mars 1967, l’Instruction "Liturgicae Instaurationes" du 5 septembre 1970 ainsi que les canons 1210, 1213 et 1222 du Code de droit Canonique (CIC).
Le reste du document se divise en deux parties, les éléments de réflexion et les dispositions pratiques. Pour ce qui est de la réflexion, c’est,
en premier lieu, la nature et la finalité des églises qui sont évoquées.
L’église est le lieu du rassemblement du peuple de Dieu, les "églises ne
peuvent donc pas être considérés comme de simples lieux "publics", disponibles pour des réunions de tous genres. Ce sont des lieux sacrés (...)
pour le culte rendu à Dieu". Les églises sont aussi des lieux de silence et
de paix dans les grandes villes. Ceci n’est possible que si les églises
"conservent leur identité".
D’autre part la musique sacrée qui se réalise pendant une célébration
doit "se conformer au rythme et aux modalités propres de celle-ci", mais
cette limitation "peut être compensée par la présentation intégrale qui en
sera faite en dehors des célébrations, sous la forme de concerts de musique
sacrée."
Au sujet de l’orgue qui remplaçait la participation active des fidèles,
il peut "accompagner et soutenir les chants sacrés (...) mais le son de
l’orgue ne doit pas se superposer aux prières ou aux chants exécutés par le
prêtre célébrant, ni aux lectures proclamées par le lecteur." De plus le
silence de l’orgue devrait être maintenu dans les temps pénitenciels. Par
contre, il est "bon que l’orgue soit utilisé, même longuement, pour préparer et conclure les célébrations". Les instruments de qualité doivent évidemment bénéficier de musiciens compétents et de soins particuliers.
Du côté pratique, le document se base sur le canon 1210 du CIC: "Ne sera
admis dans un lieu sacré que ce qui sert ou favorise le culte, la piété ou
la religion, et y sera défendu tout ce qui ne convient pas à la sainteté du
lieu. Cependant l’Ordinaire peut permettre occasionnellement d’autres usages". D’ou en découle que les concerts de musique sacrée peuvent être admis
dans les églises, mais non toute autre espèce de musique, même s’il s’agit
de très belle musique symphonique. Il appartient donc "à l’autorité ecclésistique d’exercer librement ses pouvoirs dans les lieux sacrés (cf. canon
1213 du CIC), et donc de réglementer l’utilisation des églises en faisant
respecter leur caractère sacré".
Dans le cas d’une église qui ne sert plus au culte, l’Ordinaire pourrait
la destiner "comme "auditorium" pour l’éxécution de la musique sacrée ou
religieuse, et même pour les exécutions musicales profanes, à condition
qu’elles conviennent à la sacralité du lieu." Le document contient également de nombreuses recommandations et indications quant au bon déroulement
d’un concert de musique sacrée dans une église.
Le texte se termine sur le Message aux artistes du Concile Vatican II:
"Ne refusez pas de mettre votre talent au service de la vérité divine. Le
monde dans lequel nous vivons a besoin de beauté pour ne pas tomber dans le
désespoir. La beauté, comme la vérité, met la joie dans le coeur des hommes. Et cela par vos mains". (apic/bd)