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    son centième anniversaire le 4 septembre

    Le diocèse de Lugano fêtera (220888)

    Une autonomie qui fut difficile à acquérir

    Fribourg, 18août(APIC/Brigitte Cosandey) Les catholiques tessinois se

    préparent à fêter, le dimanche 4 septembre, un événement de taille: le centenaire du diocèse de Lugano. Une autonomie qui n’a pas été acquise sans

    peine. L’organisation ecclésiastique du Tessin était jadis fort compliquée,

    résultant de circonstances historiques très particulières. S’il fallut attendre 1888 pour que le Tessin ne soit plus sous l’autorité des évêques de

    Lombardie, pour être placé sous celle de l’évêque de Bâle. Après la signature le 24 juillet 1968 d’une convention entre le Saint-Siège et le Conseil

    fédéral, le diocèse acquiert définitivement son indépendance après la ratification de cette convention par les Chambres fédérales deux ans plus tard.

    Jusqu’au siècle dernier, le territoire du canton du Tessin faisait partie des évêchés de Côme et de Milan. Entre ces derniers et les autorités

    des cantons souverains les conflits devaient faire naître, dès le 16ème

    siècle, dans les bailliages tessinois le désir d’une séparation et de la

    création d’un diocèse indépendant. Une question que les autorités tessinoises soulevèrent au moment ou le Tessin fut reconnu comme canton souverain

    de la Confédération en 1803.

    Pendant longtemps le problème resta sans solution, la question des biens

    de l’Eglise étant malaisée à résoudre. En 1848, la Suisse unifiée ne voulait plus tolérer une juridiction ecclésiastique étrangère sur une portion

    de son territoire. Si les catholiques tessinois et le Saint-Siège désiraient former un diocèse indépendant et distinct, le Conseil fédéral et les

    autorités tessinoises étaient d’avis que le Tessin devait être rattaché à

    un diocèse existant.

    En 1859, le Conseil fédéral d’accord avec le gouvernement cantonal décida la séparation provisoire d’avec Côme et Milan. Mais cela ne donnait pas

    encore au Tessin une organisation écclésiastique normale.

    Le parti conservateur catholique étant entretemps parvenu au pouvoir au

    Tessin après le "Kulturkampf" (1875), le gouvernement cantonal demanda au

    Conseil fédéral au cours des années 1879, 1880 et 1881, de reprendre les

    pourparlers avec le Saint-Siège en vue de la création d’un diocèse autonome. Le Conseil fédéral restait sur sa position: celle d’un rattachement à

    un diocèse existant. Les autorités tessinoises qui ne partageaient pas cet

    avis engagèrent des pourparlers directs avec Rome.

    En 1884, d’accord avec le Saint Siège, le Conseil fédéral et les autorités tessinoises, il fut admis que, jusqu’au règlement définitif de la

    question diocésaine, les paroisses tessinoises seraient placées sous l’autorité d’une administration apostolique. C’est ainsi que le 18 décembre

    1884, le pape nomma Mgr Lachat, premier administrateur apostolique. Décédé

    en 1886, la question diocésaine allait être réglée par son successeur, Vincenzo Molo (1887-1904), avec l’aide précieuse de Mgr Dominique Ferrata,

    plus tard cardinal et secrétaire d’Etat.

    Les pourparlers aboutirent en effet à la conclusion, le 16 mars 1888,

    d’une convention entre le Conseil fédéral et le Saint-Siège. Elle prévoyait

    la création définitive d’une administration apostolique au Tessin, réunie

    canoniquement à parité de droits au diocèse de Bâle, dont l’évêque porterait le titre d’évêque de Bâle et de Lugano. Le 7 septembre 1888, Léon

    XIII, dans la Bulle "Ad universam" conférait au Tessin un administrateur

    apostolique revêtu de la dignité épiscopale ayant sa cathédrale et son

    chapitre à Lugano.

    Diocèse définitivement indépendant depuis 1971

    Pendant longtemps, la question n’eut plus de développements notables. En

    janvier 1968, le Conseil d’Etat tessinois demanda au Conseil fédéral d’engager des négociations avec le Saint-Siège, en vue de la revision des conventions de 1884 et de 1888, dans le but de supprimer les liens existants

    entre l’administration apostolique de Lugano et le diocèse de Bâle et de

    conférer le titre d’évêque de Lugano à l’administrateur.

    Le 24 juillet 1968, une convention, allant dans le sens des propositions

    tessinoises, était signée sous réserve de ratification, entre le Conseil

    fédéral et le Saint-Siège, représentés respectivement par l’ambassadeur Micheli, secrétaire du Département politique fédéral, et par Mgr Marchioni,

    nonce apostolique à Berne.

    Le 21 janvier 1970, le Conseil fédéral adressait un message aux chambres

    pour leur demander la ratification de la Convention, ce que les deux

    chambres firent à l’unanimité.

    Le diocèse aujourd’hui

    Actuellement, le diocèse de Lugano, formé par le seul canton du Tessin,

    compte 275.000 habitants dont 85,4% de catholiques et environ 10% de protestants. Les catholiques sont répartis dans 252 paroisses. Le clergé séculier regroupe 239 prêtres et 39 clercs réguliers sont engagés au service du

    diocèse.

    Mgr Eugenio Corecco, évêque de Lugano

    Eugenio Corecco, né le 3 octobre 1931 à Airolo. Ordonné prêtre à l’âge

    de 24 ans, il se vit attribuer la charge de curé du village de montagne

    Prato Leventina. Professeur de Droit canonique à l’Université de Fribourg

    jusqu’en 1986, année de sa consécration épiscopale (29 juin 86), Eugenio

    Corecco est un canoniste renommé. C’est lui qui organisa le Congrès mondial

    du Droit canonique en 1980 à Fribourg et fut invité par le pape Jean-Paul

    II à faire partie d’une Commission chargée d’étudier le nouveau Code de

    Droit Canon (Codex Iuris Canonici) avant sa publication en janvier 1983.

    Le professeur Corecco a également enseigné le Droit canonique aux Universités de Milan, Pérouse et de Genève. De nombreuses conférences l’ont

    conduit dans plusieurs pays: USA, Canada, Pologne, Espagne, France et Italie. Il a écrit quelque 100 livres et articles traduits en plusieurs langues. Au lendemain de la révolution européenne des étudiants, Eugenio

    Corecco à introduit au Tessin et à l’Université de Fribourg le mouvement

    catholique d’origine italienne "Communione e Liberazione". (apic/bcy)

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