Une pétition des oeuvres d’entraide
suisses dérange les milieux de l’économie
Fribourg, 20avril(APIC/Jacques Berset)
Six mois après le lancement par les oeuvres suisses d’entraide de la pétition "Le désendettement : une question de survie", le cap des 100’000 signatures a déjà été largement dépassé et l’accueil est très favorable dans
le public suisse... sauf dans les milieux économiques
Cette démarche en faveur de la création, à l’occasion des
700 ans de la Confédération helvétique en 1991, d’un fonds de désendettement de 700 millions de francs suisses en faveur des pays les plus pauvres,
irrite les milieux économiques. Ainsi, le directeur général de l’Union de
Banques Suisses (UBS), Karl Janjöri estime, dans le pavé publicitaire
"L’UBS informe" publié dans de nombreux quotidiens, que cette proposition
est "dénuée de réalisme".
Plus suprenante pour les initiateurs de la pétition - l’Action de
carême des catholiques suisses (l’équivalent du CCFD), son homologue
protestant Pain pour la Prochain, l’Entraide Protestante, Caritas et les
deux oeuvres d’entraide non-confessionnelles Helvetas et Swissaid - est la
prise de
position du
"Bureau interconfessionnel d’information Foi & Economie" à Fribourg, un organisme .
Selon ce bureau,
des propositions qui mettent l’accent principal sur la réduction de la dette pour aider à financer des projets gérés par des "organisations indépendantes de l’Etat" passent à côté des véritables problèmes.
Pour gérer et surmonter la crise de l’endettement, relève le communiqué,
il faut chercher en premier lieu à créer un climat politique, social et
économique assurant une utilisation efficace des ressources disponibles et
encourageant les gens à déployer des initiatives privées pour améliorer les
conditions de vie. "Foi & Economie" est d’avis que la réalisation concrète
de la pétition des oeuvres suisses d’entraide "n’arrivera pas à combattre
le mal à la racine".
A l’appui de ces affirmations, les milieux économiques publient une
étude intitulée "Ecueils sur la voie de la solution de la crise internationale de l’endettement" dans laquelle ils font part de leurs conclusions
et dont les résultats ont été communiqués notamment aux paroisses et aux
organisations d’Eglise. La partie principale est consacrée à l’étude des
"véritables causes de la crise et des mesures qui doivent être prises
pour remédier aux déséquilibres économiques graves". Selon les auteurs,
"pour obtenir des résultats durables, il faut essentiellement des changements sur le plan de la politique intérieure. En d’autres termes: l’attitude des pays débiteurs eux-mêmes est décisive". Mais il est évident,
notent-ils laconiquement", que les comportements des créanciers dans les
pays industriels a également une très grande importance".
Pour "Foi & Economie", plutôt que de créer un fonds de désendettement
ainsi que le préconisent les oeuvres d’entraide, la Suisse devrait se
consentrer sur la réalisation de programmes d’ensemble cohérents. "Il
est à craindre, fait-on remarquer, qu’un ’fonds de contrepartie’ donne de
nouvelles impulsions à l’inflation dans les pays débiteurs, encourager de
nouveau la fuite des capitaux et accroîsse finalement le déséquilibre
existant". L’idée d’un "fonds de contrepartie" comporte par conséquent
"le risque de cacher les véritables problèmes, les mesures nécessaires
ainsi que les responsabilités des différents acteurs", estime en conclusion "Foi & Economie". (apic/com/pr)