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    Tout un symbole pour des millions de Tibétains en lutte contre la Chine

    Le Dalaï Lama en Suisse les 18 et 19 août prochains (080891)

    Fribourg, 8août(APIC) Le Dalaï Lama, chef spirituel et temporel des

    Tibétains et Prix Nobel de la Paix, sera en Suisse les 18 et 19 août

    prochains. Hôte le 18 août de la "Paulus Akademie", à Zurich, celui que

    les Tibétains considèrent comme la principale autorité morale et politique

    du pays se rendra le lendemain à Berne pour diverses rencontres.

    Le Dalaï Lama, dont le pays est occupé par la Chine depuis 1950, dirige

    un gouvernement en exil. Toujours considéré par ses concitoyens, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières, comme l’autorité légitime du pays

    - il avait du reste été à la tête du Tibet de 1940 à 1949, date de l’occupation chinoise - Le Dalaï Lama avait été reçu le 7 juin 1990 par les autorités fédérales suisses. Berne reconnaît toujours la souveraineté chinoise

    sur le Tibet.

    L’actuel Dalaï Lama, Tentsin Gyatso, est né le 6 juillet 1935 dans la

    province de l’Amdo (actuelllement Qinhai) au nord-est du Tibet. Il est la

    14e réincarnation du Dalaï Lama, réincarnation de Chenrezig (Bouddha de la

    Compassion).

    C’est dans des circonstances légendaires que fut "découvert" en 1937 le

    bébé de deux ans qui allait se révéler être la réincarnation du précédent

    Dalaï Lama, mort en 1935. Chaque Dalaï Lama étant une réincarnation de son

    prédécesseur, il fallut battre tout le Tibet pour trouver le garçon né au

    moment de la mort de son prédécesseur.

    Une légende vivante

    Le régent consulta les oracles au lac sacré Lhamoi Latso, au sud-est de

    Lhassa, et y vit une maison aux tuiles turquoises près d’un monastère aux

    toits verts et dorés. Cette maison fut retrouvée après deux ans de recherche. S’y trouvait un garçon né à la date voulue. On lui présenta alors divers objets, dont certains avaient appartenus au défunt. C’est sans hésitation que l’enfant désigna ceux qui avaient appartenus à son prédecesseur.

    Le Dalaï Lama fut intronisé en 1940, à l’âge de cinq ans. Ses études à

    peine terminée, il eut à affronter l’invasion chinoise et chercha à traiter

    avec Pékin, où il rencontra Mao Tsé-toung et Chou En-Lai, en 1956. A la

    suite du soulèvement tibétain contre la garnison chinoise de Lhassa, il

    s’exila en Inde, en avril 1959.

    Grand commis voyageur du bouddhisme tibétain, le Dalaï Lama a affectué

    au Japon, en 1964, son premier voyage depuis son exil en Inde. Il a ensuite

    accompli un premier voyage en Europe pendant lequel il a notamment été reçu

    par le pape Paul VI. Plus récemment, il a participé à la rencontre des

    grandes religions du monde à Assise, à l’invitation du pape Jean Paul II

    avec lequel il s’est entretenu à plusieurs reprises à Rome. Selon le moine

    Gonsar Tulku, directeur du Centre d’Etudes tibétaines Tharpa Choeling au

    Mont-Pèlerin, au-dessus du Lac Léman, "c’est le personnage le plus ouvert à

    l’oecuménisme dans le monde. Il cherche l’unité entre toutes les religions

    du monde. Il est oecuménique non par diplomatie, mais sincèrement, complètement, du fond de son coeur". La communauté tibétaine de Suisse compte

    près de 2’000 membres.

    Politiquement, le Dalaï Lama déclare être un homme de dialogue et un

    adepte de la non-violence, se gardant de la moindre haine à l’égard des

    Chinois. La non-Violence? La lutte pour l’indépendance du Tibet doit se

    faire par d’autres méthodes, relève Ugen Tenzing Noupa, membre de la communauté tibétaine de Suisse récemment établi à Fribourg. "Pour nous qui croyons à la réincarnartion, commencer une lutte armée qui pourrait nous amener

    à tuer, c’est oublier que nous pourrions très bien renaître dans la peau de

    notre ennemi et ainsi vivre au sein de sa famille", explique-t-il. Ugen

    Tenzing Noupa se déclare néanmoins déçu de l’indifférence du monde face au

    problème que vit le Tibet. En dépit des trois résolutions de l’ONU contre

    la Chine. le pays et ses 6 millions d’habitants vivent dans l’oubli. (apicpr)

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