Le cardinal Poupard et le bicentenaire de la Révolution française (240189)
Rome, 24janvier(APIC) La célébration du bicentenaire de la Révolution
française doit être l’occasion d’une "révision déchirante", l’occasion de
faire le sort aux mythes et aux stéréotypes au profit d’une vision plus
juste de l’histoire: c’est le souhait exprimé par le cardinal français Paul
Poupard, président du Conseil pontifical pour la Culture.
Dans un numéro du mensuel "Trente jours dans l’Eglise et dans le monde"
(l’édition française de "Trenta Giorni") consacrée au bicentenaire, le cardinal dénonce "les mythes républicains et royalistes", à savoir "la séparation manichéenne jusqu’ici prédominante entre les révolutionnaires et les
contre-révolutionnaires, les amis et les ennemis de la liberté".
Disant son souhait que la célébration puisse "unir, c’est-à-dire réunir
tous les Français, tous les hommes de bonne volonté", le cardinal poursuit:
"Il s’agit moins pour nous de célébrer de grands principes abstraits que de
vivre concrètement en incarnant dans l’existence quotidienne l’idéal d’une
humanité fraternelle. Quels que soient nos désaccords et si profonds que
puissent être nos antagonismes en nos différentes conceptions du monde, ces
oppostions n’entraînent plus, et c’est l’essentiel, la négation de
l’autre".
"Nous ne revendiquons plus une liberté abstraite, mais le droit de ne
pas être contraints, ni de penser ni d’agir de manière contraire à notre
conscience. Nous ne rêvons plus d’une égalité théorique, mais nous voulons
inlassablement travailler à réduire les injustices sans cesse renaissantes
et sans cesse renouvelées. Nous savons que la justice se heurte à des obstacles considérables et entendons oeuvrer sans relâche à la mettre en pratique".
Rappelant que "la Révolution a objectivement persécuté l’Eglise, jusqu’au martyre, qu’elle a détruit la Bastille mais inventé l’échafaud, proclamé les droits de l’homme mais pratiqué la terreur, et que les deux
siècles écoulés portent le poids tragique de luttes fratricides et
d’oppressions sanglantes au nom d’une idéologie pseudo-libératrice", le
cardinal observe en conclusion que "c’est 1789 que le bicentenaire
célèbre, et non 1793, la liberté et non la terreur, les droits de l’homme
et non leur violation". (apic/cip/pr)