Le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin a qualifié d’«inhumaine» l’attaque perpétrée par le Hamas contre Israël, dans un entretien à Vatican News, le 13 octobre 2023. Il a toutefois demandé à Israël d’épargner les civils palestiniens alors que l’armée a entamé le siège de la bande de Gaza.
«C’est le droit des agressés de se défendre, mais la légitime défense doit aussi respecter le paramètre de la proportionnalité». Dans le sillage des paroles du pape François prononcées mercredi dernier place Saint-Pierre, le 'numéro 2’ du Saint-Siège a exprimé son inquiétude alors que «les attaques de l’armée israélienne font de nombreuses victimes civiles innocentes».
Selon le ministère de la santé palestinien, les bombardements israéliens ont fait près de 1’800 morts depuis samedi, dont 351 femmes et 583 enfants palestiniens. L’armée israélienne a ordonné dans la nuit l’évacuation de plus d’un million de Palestiniens du nord de la bande de Gaza vers le sud.
Dans l’entretien, le cardinal italien a condamné une nouvelle fois et de manière «totale et ferme» l’attaque «terroriste» commise par les hommes du Hamas et d’autres milices. Le bilan de cette offensive d’une ampleur inédite est d’au moins 1’300 morts côté israélien. Le secrétaire d’État a réclamé à la fois «la libération des otages israéliens et la protection de la vie des innocents à Gaza».
Le chef de la diplomatie vaticane a assuré que le Saint-Siège se tenait «prêt à toute médiation nécessaire». Il a souligné l’aspect «très complexe et articulé» de la crise, évoquant par exemple la question des colonies israéliennes, ou bien la sécurité et la question de la ville de Jérusalem. «Une solution peut être trouvée dans le dialogue direct entre Palestiniens et Israéliens, encouragé et soutenu par la communauté internationale, même s’il sera désormais plus difficile», a-t-il concédé.
Ce vendredi, le cardinal Pietro Parolin s’est rendu à l’ambassade d’Israël près le Saint-Siège pour apporter «solidarité et proximité spirituelle à l’ambassadeur Raphael Schutz […] et pour exprimer son inquiétude pour les civils d’Israël et de Palestine, en particulier ceux de Gaza», a communiqué la secrétairerie d’État sur le réseau X – anciennement Twitter.
Dans un communiqué paru deux jours après l’attaque du Hamas, l’ambassade d’Israël près le Saint-Siège avait réagi vivement au communiqué des Patriarches et chefs des Églises de Jérusalem. Selon elle, ils maintenaient une «ambiguïté linguistique immorale» quant aux responsabilités de ce carnage. «À la lecture, il n’est pas possible de comprendre ce qui s’est passé, qui furent les agresseurs et les victimes», dénonçait l’ambassade. (cath.ch/imedia/hl/bh)