Le cardinal Oddi proteste contre la construction (150492)
"Un outrage au caractère sacré de Rome"
Rome, 15avril(APIC) Le cardinal Silvio Oddi, ancien préfet de la Congrégation romaine pour le clergé, a protesté mercredi contre la construction
d’une mosquée monumentale dans la capitale italienne. Le cardinal italien,
âgé de 81 ans, a déclaré au quotidien "Il Tempo" que cet édifice constitue
"un outrage au caractère sacré de Rome". Cet imposant lieu de prière d’un
coût de plus de 70 millions de francs, financé par les pays arabes, doit
être terminé au mois de juin et inauguré pendant l’été.
Le cardinal Oddi, qui a été au service du Saint-Siège près de vingt ans
comme nonce apostolique dans divers pays du Proche-Orient, est d’avis que
ces derniers temps, l’Eglise catholique a exagéré avec les concessions
qu’elle a faites dans le domaine du dialogue interreligieux. Le prélat
estime que ce nouveau complexe islamique ne favorise pas le dialogue entre
les deux religions, mais fait seulement croître l’influence de la communauté musulmane. Il pense qu’un lieu de prière plus modeste aurait suffi pour
les musulmans qui vivent à Rome. Au lieu de cela, déplore-t-il, on a construit une mosquée gigantesque dans le but de faire de la propagande massive.
Lui-même, déjà du temps où il était diplomate au service du Saint-Siège,
s’est toujours opposé à un tel projet au coeur même du centre du catholicisme aussi longtemps que l’Eglise catholique n’est pas autorisée à introduire même une croix dans des pays comme l’Arabie Saoudite et d’autres pays
islamiques. Le cardinal Oddi regrette que ce projet monumental ait été accepté par la municipalité de Rome entre autres pour des motifs matériels.
Et de relever que l’on ne devrait pas seulement penser au pétrole qui vient
de ces pays, "mais peut-être aussi aux pots-de-vin" de même provenance. Les
responsables du centre islamique ont déclaré avoir invité le pape Jean Paul
II lui-même à l’inauguration de ce complexe de 30’000 m2 dont la construction a débuté en 1983. Ils pensent que si le pape ne viendra pas lui-même,
il enverra un représentant. (apic/cic/be)