"Ils sont nos meilleurs jeunes et n’agissent pas à la légère"
Milan, 16 février(APIC) Mgr Carlo-Maria Martini, cardinal archevêque de
Milan, est intervenu dans l’actuel débat sur l’objection de conscience en
Italie, à la suite de la décision du Président de la République, Francesco
Cossiga, de renvoyer au Parlement la loi sur l’objection de conscience votée par les deux Chambres. Dans une interview publiée samedi dans le journal italien "La Repubblica", le cardinal Martini défend avec conviction les
objecteurs de conscience.
L’archevêque de Milan déclare d’abord ceci au journal italien: "J’estime, d’une façon générale, que l’on doit défendre tout ce qui tend à mettre
en lumière la conscience, les valeurs et les droits des citoyens. Dans le
cas spécifique de l’objection de conscience, je fais référence au sens de
la paix contenue dans l’Evangile".
Le cardinal ajoute: "Je connais un certain nombre d’objecteurs catholiques. Je peux dire qu’ils sont nos meilleurs jeunes et les plus engagés.
Ils sont motivés fortement par un idéal et leur choix d’objecter n’est pas
un choix de facilité. Ils n’agissent pas à la légère. Normalement leur
choix a muri à travers une longue expérience de vie, de caractère social,
au service de la communauté".
Depuis quelques jours, on discute beaucoup sur le problème de l’objection de conscience en Italie. Ce débat animé est dû surtout à la décision,
prise au début de février, par le Président de la République, Francesco
Cossiga, de renvoyer au Parlement la loi sur l’objection de conscience. Une
loi qui avait été approuvée par les deux Chambres du Parlement. Le Président de la République a rappelé à cette occasion "les valeurs constitutionnelles de la défense de la patrie et du caractère obligatoire du service
militaire". Il a aussi souligné la nécessité de vérifier plus rigoureusement la sincérité de celui qui choisit l’objection de conscience. La décision du Président italien a provoqué de vives réactions dans le monde politique mais aussi parmi la communauté catholique. (apic/jt/ba)