"Ce que croire veut dire"
Lausanne, 11novembre(APIC) Le cardinal Joseph Ratzinger sera à Lausanne
le 21 novembre pour une conférence intitulée "Ce que croire veut dire", à
la grande Aula de l’EPFL à 20 h 30. Il est invité par l’Aumônerie Universitaire Catholique de Lausanne.
Ces dernières années, le cardinal Ratzinger s’est trouvé régulièrement
au coeur de l’actualité, du fait qu’il préside la Congrégation pour la
Doctrine de la Foi, organe du Vatican qui s’occupe de tout ce qui touche à
l’enseignement de l’Eglise catholique et à la foi de ses fidèles. Dans
cette charge, le cardinal a été signataire des deux instructions sur la
théologie de la libération et l’un des principaux protagonistes du dialogue
entre Rome et Mgr Marcel Lefevbre, évêque excommunié le 30 juin 1988.
Biographie de Mgr Ratzinger
Joseph Ratzinger, né le 16 avril 1927 à Marktl am Inn en Allemagne de
l’Ouest, a reçu l’ordination sacerdotale le 29 juin 1951. Le 28 mai 1977,
il est consacré évêque de Munich et Freising et créé cardinal par Paul VI
le 27 juin de la même année. Nommé à 54 ans, le 25 novembre 1981, préfet de
la Congrégation pour la doctrine de la foi, président de la Commission
théologique mondiale et de la Commission biblique pontificale, il fait actuellement aussi partie de nombreux conseils, congrégations et commissions
pontificals et du Secrétariat pour l’Unité des chrétiens.
Avant d’accéder à la charge épiscopale, Joseph Ratzinger a été
professeur de théologie. Après des thèses sur Saint Augustin et Saint Bonaventure, il est appelé dès l’âge de 32 ans à l’enseignement de la
théologie. Il est d’abord professeur de théologie fondamentale à
l’Université de Bonn (1959-1969), puis professeur de théologie dogmatique à
Münster (1963-1966), à Tübingen (1966-1969) et enfin à Ratisbonne.
Expert au Concile Vatican II
Mais sa notoriété, il la doit surtout au Concile Vatican II. En effet,
ses remarquables capacités lui valurent d’être choisi comme conseiller du
cardinal Joseph Frings, archevêque de Cologne, au Concile. Il a 35 ans.
Très vite le théologien allemand, alors professeur à Bonn et à Münster, va
jouer un rôle capital. Il participe à de nombreuses commissions, dont celle
des missions. Devenu professeur à l’Université de Ratisbonne, il saura avec
clarté, compétence et courage, présenter les décisions conciliaires en
ayant le souci d’assurer la cohérence et la fidélité de la doctrine catholique.
Quelques années plus tard, en mai 1969, le jeune théologien allemand figure sur la liste des trente théologiens membres de la Commission théologique internationale, créée par Paul VI, en réponse à un voeu exprimé par des
Pères du Concile. En 1972, il est co-fondateur de l’édition allemande de la
revue catholique internationale "Communio". Ainsi, comme Karol Wojtyla
(Jean Paul II) en Pologne, il est un des grands protagonistes de cette revue théologique.
En 1977, il est tour à tour nommé évêque de Munich et créé cardinal.
Dans la capitale bavaroise, le cardinal Ratzinger dut faire face avec les
évêques allemands au courant représenté par le théologien suisse Hans Küng,
figure de pointe avec lui et Karl Rahner de l’Eglise en République fédérale. Il explique alors avec clarté pourquoi il doit se démarquer de Hans
Küng ayant étudié le dossier sous tous ses aspects.
Préfet de l’ex-St-Office
En 1981, le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le
cardinal Franjo Seper, archevêque de Zagreb, est malade, il a déjà 76 ans,
il doit être remplacé. Cette congrégation est, après la Secrétairerie
d’Etat du Vatican, le "département" le plus important dans le gouvernement
central de l’Eglise. C’est une charge très lourde et Jean Paul II choisit
pour l’accomplir un homme de doctrine sûre, très versé dans les sciences
religieuses et doté d’une expérience pastorale, un chef qui sache allier la
force et la douceur : le cardinal Joseph Ratzinger.
Un des discours de l’Abbé Ratzinger en 1966 au "Katholikentag" de Bamberg sur le catholicisme allemand au lendemain du Concile Vatican II,
révèle bien la personnalité et les vues du cardinal Ratzinger sur le monde
actuel. Le jeune théologien fait cette analyse un an après la clôture du
concile. Il distingue les réformes authentiques en liturgie des excès et
des contrefaçons. Il dénonce l’attitude de ceux qui "sous prétexte de
défendre les droits de Dieu, ne défendent qu’une situation sociale déterminée" ou encore la position de ceux qui "sous prétexte de protéger l’intangibilité de la foi, ne défendent que leur propre nostalgie du passé".
Autre chose est la foi immuable dans sa substance, autres choses sont les
formes variables de son expression au fil des siècles, note le professeur
Ratzinger.
L’exemple de Ste Thérèse d’Avila
Lors de ce "Katholikentag", il cite également le cas de Ste Thérèse
d’Avila, réformatrice du Carmel. Celle-ci, saisie par le Christ, se rendit
compte un jour de l’incohérence et du déclin de son ordre qui s’était
relâché sous prétexte de modernité. Ste Thérèse chercha alors l’aggiornamento sur le sentier à pic du renouveau intérieur et non sur la voie descendante des compromissions et des capitulations morales. Cet exemple de
Ste Thérèse, grande réformatrice, semble toujours être celui de Mgr Ratzinger, refusant les compromis et les capitulations morales. (apic/bd)