Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Le cardinal Franjo Kuharic: "Il n’y a pas (251093)

    de guerre de religion en ex-Yougoslavie"

    "Ceux qui mènent la guerre de conquête n’écoutent pas les Eglises"

    Jacques Berset, Agence APIC

    Zagreb, 25octobre(APIC) "Il n’y a pas de guerre de religion en ex-Yougoslavie, c’est la guerre de conquête des plus forts qui veulent occuper le

    territoire des plus faibles", a déclaré dimanche à l’agence APIC le cardinal Franjo Kuharic. Le primat de Croatie a déploré à cette occasion le fait

    que l’Eglise orthodoxe s’identifie trop à la politique d’expansion nationale serbe et que les appels à la paix des Eglises ne soient pas écoutés par

    ceux qui mènent la guerre.

    Recevant à son palais archiépiscopal de Zagreb les membres du Bureau de

    l’UCIP, l’Union internationale catholique de la presse, et un groupe de

    journalistes de plusieurs continents qui ont participé du 20 au 24 octobre

    à un séminaire sur "La responsabilité des journalistes dans la guerre",

    l’archevêque catholique de Zagreb a souligné que les journalistes catholiques doivent prendre la défense des plus faibles et de ceux qui souffrent

    et être au service de la justice. Evoquant les 13 siècles d’histoire chrétienne en Croatie, le cardinal Kuharic a souligné que durant tout ce temps,

    malgré les époques difficiles, les Croates sont restés loyaux et fidèles à

    cet héritage, constamment présents dans l’histoire du christianisme occidental. Mais il a tenu à souligner que cette appartenance à l’Eglise catholique occidentale ne signifie pas exclusion des autres, mais ouverture à

    l’oecuménisme, dans le respect mutuel.

    Dans une interview accordée à l’APIC, le cardinal Kuharic déplore que

    l’Eglise orthodoxe serbe soit par trop liée à la politique nationale du régime en place à Belgrade. Il regrette le peu de résultats des quatre rencontres au sommet des chefs religieux organisées depuis l’éclatement de la

    guerre en 1991 et qui ont réuni le représentant suprême de l’Eglise orthodoxe, le patriarche Pavle, des représentants de l’Eglise catholique et de

    la communauté musulmane. "A chaque fois, nous avons publié ensemble une déclaration signée par tous, un appel à la paix, contre la guerre, contre les

    violences, pour libérer tous les prisonniers et faire revenir tous les réfugiés et déplacés... Mais cela n’a eu aucun écho, car ceux qui mènent la

    guerre, qui ont commencé la guerre de conquête, n’écoutent pas les Eglises".

    La cause de la guerre: la politique de conquête serbe

    A propos des conflits entre Musulmans et Croates qui ensanglantent la

    Bosnie-Herzégovine, le cardinal Kuharic considère que la cause principale

    en est la politique de conquête serbe qui s’est emparée de territoires où

    les musulmans étaient en majorité et d’où ils ont été expulsés par le "nettoyage ethnique". Les Musulmans expulsés cherchent désormais à conquérir en

    Bosnie centrale des territoires croates, où vit la minorité catholique de

    Bosnie, composée essentiellement de Croates (17 % de l’ensemble de la population de Bosnie-Herzégovine). Les Croates de Bosnie sont ainsi de plus en

    plus menacés dans leur existence. Le diocèse de Banja Luka et l’archidiocèse de Vrhbosna-Sarajevo (qui comptaient respectivement près de 100’000 et

    500’000 catholiques avant les combats et la purification ethnique) "sont

    presque en danger de disparaître".

    Non à la partition de la Bosnie

    Contrairement au président croate Franjo Tudjman, pour lequel la partition de la Bosnie est inévitable si l’on veut mettre un terme à la guerre

    et pour qui la Bosnie-Herzégovine n’aurait de toute façon pas pu rester un

    Etat unitaire où tous sont égaux en raison de la volonté d’hégémonie musulmane, le cardinal Kuharic ne se résigne pas à la division du pays. "Nous

    reconnaissons l’existence de l’Etat indépendant de la Bosnie-Herzégovine,

    mais on veut y réaliser l’égalité pour tous, de telle sorte que chacun vive

    dans sa dignité et sa liberté. C’est pourquoi l’on veut ces provinces

    autonomes". Mais pour le chef de l’Eglise catholique de Croatie, la paix

    juste pour tous serait que tous puissent revenir dans leur région en ayant

    la garantie que leurs droits et leurs libertés soient respectés.

    "Nettoyage ethnique à froid" à Banja Luka

    La grande majorité des quelque 800’000 catholiques de Bosnie-Herzégovine

    vit en situation précaire, comme minorité dispersée partout en Bosnie. S’il

    n’y a pas le respect des droits de l’homme, ils n’auront plus qu’à partir:

    "Pour eux, la vie ne sera plus possible; il n’y a qu’à voir ce qui se passe

    à Banja Luka, où il n’y a pas la guerre: les Serbes y menacent les gens,

    les expulsent, détruisent les églises, c’est une sorte de nettoyage ethnique à froid, dans une situation où il y a théoriquement la paix".

    Concernant les responsabilités dans cette guerre et les perspectives futures de coexistence entre les peuples en conflit de l’ex-Yougoslavie, le

    cardinal Kuharic souhaite que "l’on laisse le passé au passé" et que l’on

    mette sur pied des commissions scientifiques neutres pour établir les faits

    historiques de façon objective. "Ce n’est pas la science, c’est la propagande qui accuse toujours! Pour construire l’avenir, il faut analyser toutes les raisons du conflit, toutes les injustices qui ont été commises; on

    doit faire un compte pur, puis on doit vivre pour l’avenir". (apic/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus