Le cardinal Danneels au terme du synode des évêques : (031187)
Rome, 3novembre(APIC/CIP) L’hebdomadaire italien "Sabato", proche du "Movimento Popolare" (mouvement populaire) qui est en quelque sorte l’expression politique de "Communion et Libération", vient de publier une interview
du cardinal Danneels à propos du récent synode des évêques sur la vocation
et la mission des laïcs.
L’archevêque de Malines-Bruxelles a accordé cette interview durant les
derniers jours du synode. Un des points les plus importants mis en évidence
par le cardinal Danneels dans les échanges des évêques concerne le
témoignage de l’Eglise persécutée. "La notion d’Eglise persécutée me paraît
fondamentale et même décisive, dit-il. L’Eglise persécutée a donné au synode un tout autre ton."
Déjà en 1985, lors du synode extraordinaire convoqué à Rome pour faire
le point sur les deux décennies qui avaient suivi le Concile Vatican II, le
cardinal Danneels avait été frappé par le fait que "le silence de l’Eglise
persécutée avait été enfin rompu". Or, ajoute-t-il, "il y a dix ans, on
parlait peu de l’Eglise persécutée, pas même des victimes du communisme. On
se taisait le plus souvent et on ne s’enthousiasmait pas pour ce sujet. Or,
cette fois-ci, sur les 220 interventions entendues au synode, une trentaine
ont parlé de la croix, de la persécution, de la souffrance endurée par des
chrétiens à cause de leur foi. Je pense à des pays tels que le Liban, le
Soudan, le Tchad, le Burundi, la Pologne, la Tchécoslovaquie, ou encore la
région d’Amérique centrale. Chacune de ces interventions a été saluée par
des applaudissements."
Quel message le cardinal Danneels retient-il essentiellement de ce synode sur les laïcs ? "Les laïcs, dit-il, doivent être conscients que, durant
ce synode, on a exprimé beaucoup d’admiration, d’obéissance et d’amitié à
l’égard du pape. Sur différents points, les avis divergeaient, certes. Mais
il y a aussi d’étroits liens d’affection qui unissent les évêques et le pape. L’Eglise est unie. Il importe qu’elle aide les chrétiens à se souvenir
toujours de la triade : la vocation des baptisés est à la fois une vocation
à la sainteté, à la mission et au martyre. Ce sont des synonymes. C’est
quasi une synthèse de ce synode."
La vocation au témoignage-martyre (en grec, c’est le même mot) est aussi
un point sur lequel insiste, de son côte, le cardinal Etchegaray, président
de la Commission pontificale "Justice et Paix". Dans une interview accordée
au même hebdomadaire italien "Sabato", il se demande si l’on ne considère
pas trop souvent le laïc comme un "militant" et si on ne réduit pas la vocation des laïcs à un appel à prendre des responsabilités dans tel ou tel
secteur. "Il faut voir le laïc avant tout comme un témoin, comme un témoin
au milieu du monde, et dès lors souvent persécuté, dit le cardinal Etchegaray. On peut être persécuté dans un bureau à cause du Christ, précise-t-il.
Etre laïc, en effet, c’est d’abord témoigner du Christ là où l’on se trouve. Les évêques ne peuvent donc pas réserver l’usage du terme ’laïc’ aux
membres de conseils pastoraux ou aux militants de telle ou telle orga- nisation." (apic/jt/be)