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    Le cardinal Casaroli attend Gorbatchev avec le sourire (291189)

    "On est passé de l’hiver rude au printemps"

    Rome, 29novembre(APIC/CIP) "On est passé d’un hiver très rude au début

    d’un véritable printemps" : c’est en ces termes que le cardinal Agostino

    Casaroli, secrétaire d’Etat du Vatican a commenté mercredi, jour de

    l’arrivée de Mikhaïl Gorbatchev en Italie, les changements survenus ces

    dernières années en Union soviétique, tout particulièrement dans les relations avec le Vatican.

    Le cardinal Casaroli, qui s’exprimait à Rome devant les caméras de la

    télévision italienne RAI 1, a souligné en quoi la visite de Mikhaïl Gorbatchev au Vatican sera "un événement historique". Non pas tellement parce

    qu’il s’agit de la visite d’un président de l’Union soviétique : en janvier

    1967, en effet, Nikolaï Podgorny avait déjà rendu visite à un Souverain

    Pontife, le pape Paul VI. Mais en 1989, explique le cardinal, "le cadre

    dans lequel intervient la visite a complètement changé". En outre, insiste

    le cardinal Casaroli, la personnalité de Mikhaïl Gorbatchev est d’une toute

    autre envergure et il a d’autres responsabilités que n’en avait Podgorny.

    Davantage de diplomatie que de résistance face à la persécution?

    Comment le cardinal secrétaire d’Etat réagit-il au grand nombre de martyrs de l’Eglise catholique en URSS? N’a-t-il pas donné aux militants catholiques de l’Est, lui, l’artisan de l’"Ostpolitik" du Vatican, l’impression de s’occuper davantage de diplomatie que de résistance ? En réalité,

    une des choses qui a le plus attristé le cardinal Casaroli dans son "Ostpolitik" a été de se rendre compte que l’opinion publique en général et les

    catholiques de l’Est en particulier, "avaient l’impression que le SaintSiège n’appréciait pas leurs martyrs à leur juste valeur". Mais le cardinal

    secrétaire d’Etat dément que le Vatican ait jamais trouvé de tels martyrs

    "incommodes" ou ait voulu les "marginaliser" ou les "oublier".

    Au contraire, poursuit Mgr Casaroli, "nous nous sommes toujours rendu

    compte que le Saint-Siège avait une carte en main : son atout était justement la résistance silencieuse", qui a valu la prison et parfois la mort à

    de nombreux croyants. Quant à l’athéisme en URSS, "cette idée d’imposer une

    religion athée a été abandonnée". Du reste, constate-t-il, Mikhaïl

    Gorbatchev n’a pas seulement montré qu’il savait, dans le cadre des droits

    de l’homme, manifester du respect envers les religions et les croyants,

    mais il a aussi montré qu’il appréciait les croyants pour leur contribution

    à la formation de l’homme. (apic/jt/be)

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