François Cordonier quitte la présidence
Un climat de reconnaissance dans un mouvement ouvert aux changements
Le Bouveret (Valais), 14juin(APIC) "Frères sans frontières"(FSF), service
chrétien pour le développement, s’est réuni samedi et dimanche au Bouveret
pour réfléchir à son avenir à l’occasion de son Assemblée générale. Plus de
80 participants, venus de tous les cantons romands, ont élu de nouveaux
membres au comité. Après 20 ans de présidence, le Valaisan François Cordonier a remis son mandat. L’assemblée debout, a longuement acclamé les mérites du vigneron d’Ollon-sous-Chermignon, ancien coopérant au Tchad, qui a
toujours su allier, à la direction du mouvement, son bon sens paysan avec
une ouverture courageuse et réaliste au développement du tiers monde.
L’assemblée générale a élu trois nouveaux membres au comité. Camille
Carron, vigneron à Fully (Valais), ancien volontaire au Rwanda et au Pérou,
qui succédera prochainement à François Cordonier comme président, MariePascale Clerc-Roduit d’Ecuvillens (Fribourg), ancienne volontaire en Haïti
et pour la première fois dans l’histoire du mouvement, un représentant du
Sud, Sergio Ferrari, journaliste argentin à Berne, également ancien volontaire FSF au Nicaragua. Bernard Leemann, de Martigny, caissier durant 12
ans à FSF, quittait aussi sa fonction dimanche. La vice-présidente, Françoise Gariazzo, de Genève, a su trouver, au nom de tous, les mots justes
pour manifester la reconnaissance d’FSF aux deux membres sortants du comité.
Un président démissionnaire ému et heureux
François Cordonier, au delà d’un rapport présidentiel, a voulu donner
une note personnelle à ses propos avant de quitter officiellement la présidence d’FSF. Emu, il a remercié le mouvement de "l’avoir rendu plus heureux". Depuis l’initiative décisive des fondateurs, Pierre Duc et Guy Balet, il y a plus de 30 ans, jusqu’au FSF d’aujourd’hui, il a évoqué certains traits de caractères des différents secrétaires généraux qui se sont
succédés et à qui il a toujours donné un appui constant, parfois comme il
se doit pour un bon président, "cordialement critique". François Cordonier
a aussi rappelé les moments de nécessaire évolution du mouvement, comme la
collaboration oecuménique avec le Groupe volontaire outre mer (GVOM) et EIRENE, concrétisée, chaque mois, à travers "Interrogation", le journal commun des ces trois mouvements romands d’envoi de volontaires dans le tiers
monde.
FSF a aussi "profité" de la contestation de mai 68, a poursuivi le président Cordonier: "Le mouvement FSF s’est s’engagé aussi en Suisse sur des
questions controversées (statut des objecteurs de conscience, solidarité
avec les réfugiés et étrangers, retrait des fonds FSF des banques suisses
collaborant avec l’Afrique du Sud). "Enfin, au lieu de toujours se lamenter, il faut se réjouir de rencontrer parfois chez nous des signes d’une
évolution de la mentalité suisse pour un développement solidaire. Les débuts prometteurs de la remarquable action du café Max Havelar en sont une.
Grâce aux magasins du Monde, (les grandes surfaces y viennent aussi), voilà
l’ébauche concrète d’un commerce intercontinental plus juste", a estimé
François Cordonier.
Les membres d’FSF présents au Bouveret avaient travaillé intensivement
samedi, à partir d’une méthode rigoureuse et précise, à répondre à cette
question: "Qu’est-ce qui va amener FSF à évoluer durant les cinq prochaines
années"? Six groupes réunis régulièrement en session plénière ont amassé un
important matériel que le nouveau comité devra inventorier et mettre progressivement en valeur. Il sera appuyé par des commissions spécifiques de
membres du mouvement pour faire des propositions concrètes à l’Assemblée
générale de l’an prochain. Un souhait a déjà été exprimé fortement par
l’assemblée de dimanche: que des volontaires sur le terrain puissent aussi
participer à la prochaine Assemblée générale.
Les membres d’FSF ont aussi partagé leur joie de la récente sortie de
prison de Dominique Ruegsegger au Nicaragua. Dominique a d’ailleurs écrit
une lettre, remerciant les efforts entrepris par le mouvement pour sa libération. Une messe fervente et joyeuse, présidée par l’abbé Jean-Marie Pasquier, aumônier d’FSF, clôturait ces deux journées d’un mouvement fidèle à
l’inspiration profonde des fondateurs tout en étant très ouvert à une adaptation aux changements qu’appelle un vrai développement équitable entre
tous les pays. (apic/ba)