Une pleine intégration par les Eglises et les communautés religieuses de l’écologie dans la pastorale, la prédication, la formation des agents pastoraux et l'action sociale. Telle est la recommandation d'un colloque international de l’Eglise catholique sur l’urgence écologique et la sagesse africaine, qui s’est déroulé du 20 au 22 janvier 2026 à Cotonou, au Bénin.
Le colloque avait pour sur le thème «L'écologie intégrale pour la survie et le bien-être de la création». Présidé par le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, en République démocratique du Congo – qui est aussi président du Symposium des conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar (SCEAM) – l’événement a réuni des évêques, prêtres, universitaires, diplomates, ainsi que des responsables politiques et des acteurs de l'environnement.
Les participants étaient venus de plusieurs pays d’Afrique pour témoigner de l'importance croissante des questions écologiques et de la nécessité d'une approche concertée, rapporte le quotidien congolais La Prospérité.
Sensibiliser les fidèles aux défis environnementaux
Selon l’UCAO, le continent africain est confronté à la menace d’extinction d’espèces végétales, à la dégradation massive des sols, à la dilapidation des ressources naturelles, à la pollution, à l’épuisement des écosystèmes vitaux, à la perte de biodiversité et aux déséquilibres climatiques. Face à ces situations, l’écologie intégrale s’impose comme «une approche fondamentale». Car, elle englobe les dimensions sociales, économiques, spirituelles, culturelles et éthiques de la crise écologique.
L’UCAO est un réseau universitaire sous-régional francophone créé par la CERAO (Conférence épiscopale régionale de l'Afrique de l'Ouest), en 2000. Elle dispose de différentes facultés (gestion, agroalimentaire, électronique, etc..) dans les sept pays membres: Mali, Sénégal, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Togo, Bénin, Guinée. IBC
Face à ces défis multiples, la rencontre de Cotonou a proposé la prédication, la formation des agents pastoraux et l'action sociale, à développer des initiatives concrètes, telles que le verdissement des espaces d’église, la promotion des pratiques responsables et la sensibilisation des fidèles aux enjeux environnementaux. Elle a encouragé le dialogue interreligieux pour faire émerger une parole commune des traditions religieuses sur la sauvegarde de la création, basée sur les valeurs partagées de respect, de justice et de solidarité.
Appel à la mobilisation des Africains
La rencontre a mis en exergue «l'importance stratégique» de l'éducation environnementale, en tant que levier de transformation durable, préconisant, à cet égard, l'intégration «systématique des enjeux» écologiques dans les curricula scolaires et universitaires, le développement des programmes de sensibilisation, adaptés aux contextes locaux, le renforcement de la participation citoyenne, à travers l'appui aux initiatives communautaires, la valorisation des pratiques locales vertueuses et la promotion d'une culture de responsabilité intergénérationnelle.
Les participants ont lancé un appel à «la mobilisation collective» des populations africaines et des organisations de la société civile engagés dans l’environnement pour que «l'écologie intégrale» soit ancrée dans leur vie quotidienne.
Ces conclusions traduisent la volonté du continent africain d'intégrer les questions environnementales dans leurs vécu quotidien, conformément aux principes de Laudato si’, l’encyclique du pape François publiée en 2015. Depuis sa sortie, les Eglises d’Afrique se mobilisent pour sa réalisation, en lui donnant une lecture africaine. (cath.ch/ibc/ag/rz)