Le 5e centenaire de l’évangélisation de l’Amérique latine (170192)
Mgr Ivo Lorscheiter en faveur de l’abolition de la dette exterieure
Vienne, 17janvier(APIC) Mgr Ivo Lorscheiter, évêque de Santa-Maria dans
l’Etat brésilien de Rio Grande do Sul, et qui fut de 1979 à 1987, président
de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB), a participé dernièrement aux Semaines pastorales à Vienne. A cette occasion, il a souhaité
publiquement que soit instaurée une nouvelle manière de communiquer à l’intérieur de l’Eglise catholique. "Le centralisme, dans les communications
internes de L’Eglise doit être dépassé pour faire place à une communication
horizontale et libre." L’Eglise doit aussi promouvoir le dialogue Nord-Sud,
a encore ajouté l’évêque brésilien.
Faisant allusion aux 500 ans d’évangélisation de l’Amérique latine, Mgr
Lorscheiter a dit qu’il fallait que "l’Eglise reconnaîsse et expie sa faute
dans l’extermination des Indiens et prenne une position sans équivoque en
faveur des droits de l’homme, tout en donnant de l’importance à la théologie de la libération au niveau mondial". Mgr Lorscheiter a insisté pour que
l’Eglise catholique assume sa mission avec espérance dans sa tâche de libération tout en respectant "l’identité culturelle des différents peuples de
la terre".
L’évêque de Santa Maria a aussi interpellé les Eglises européennes: A
l’occasion de ce 5e centenaire, les Eglises d’Europe doivent participer à
la réalisation d’une grande revendication populaire latino américaine, à
savoir "l’extinction et l’abolition de la dette extérieure publique."
De son côté, l’équipe diocésaine de Santa Maria prépare déjà la Rencontre interecclésiale des Communautés ecclésiales de base (CEBS) qui se tiendra du 9 au 12 septembre prochains à Santa Maria. Elle vient de publier un
document, signé par de nombreux diocésains, qui sera remis aux évêques latino américains au début de la 4e Assemblée générale de l’Episcopat du continent à Saint-Domingue.
Le document s’intitule: "Pour une Année de grâce du Seigneur"
(1492-1992). Parmi les signes de vie mis en valeur par ce texte, on signale
la séculaire résistance des peuples indiens et du peuple noir, la maturité
croissante des communautés ecclésiales de base, les mouvements oecuméniques
de défense des droits de l’homme, les pastorales populaires et le témoignage des martyrs.
Le document suggère en outre que les délégués qui feront le voyage de
Saint-Domingue fassent une demande de pardon vis à vis des erreurs passées
et que dès à présent ils assurent un dialogue avec toutes les cultures. Il
s’agit aussi de rechercher un nouvel ordre économique international et de
prévoir une évangélisation qui doit réaffirmer l’option préférentielle pour
les pauvres. Autre exigence présentée: "construire une Eglise de communautés qui respecte le pluralisme légitime et qui fasse resplendir dans la
communion ecclésiale les visages de Dieu encore trop souvent oubliés dans
notre Eglise: le visage féminin, le visage indien, le visage noir et métis".
Enfin l’équipe diocésaine de Santa Maria souhaite que l’Eglise prenne la
décision de faire du jour du 11 octobre une journée de jeûne pénitentiel.
Durant la nuit de ce même jour, que soit également célébrée "une Vigile de
réconcilaitionn et d’espérance, en rendant grâce à Dieu pour les 500 ans de
résistance indienne, noire et populaire et pour les martyrs des peuples de
notre continent". (apic/em/ba)