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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    mois-ci (les 17 et 18 février) dans la petite ville allemande d’Eisleben

    Le 15 février (ENIçStephen Brown) - Les cérémonies qui se déroulent ce

    marquent le 450ème anniversaire de la mort de Martin Luther, ce moine catholique dont la désillusion face à l’Eglise fut à l’origine des événements

    de la Réforme protestante.

    Luther naquit en 1483 à Eisleben et y mourut le 18 février 1546. En 1505,

    il entra au couvent des augustins. Envoyé à Wittenberg pour enseigner à

    l’université, il commenc,a à contester le rôle de médiation de l’Eglise et

    du clergé dans l’obtention du salut.

    Les thèses de Luther, qui étaient dirigées contre la vente des indulgences

    pratiquées alors par l’Eglise et que Luther lui-même afficha, dit-on, sur

    la porte de la Schlosskirche de Wittenberg en 1517, se répandirent dans

    toute l’Allemagne en l’espace de quinze jours, provoquant un conflit avec

    le pape et aboutissant à la condamnation de leur auteur.

    Luther voulait réformer l’Eglise, non pas en établir une nouvelle. Il demanda à ses adeptes de ne pas prendre son nom comme référence: "qúils s’appellent chrétiens", disait-il, "et non pas luthériens". Le luthéranisme se

    développa rapidement et fut bientôt approuvé par les gouvernants, principalement en Europe centrale et septentrionale; ailleurs, surtout en Europe

    orientale, il prit pied et finit par être toléré. L’expansion du luthéranisme se fit également par le biais d’une émigration massive vers l’Amérique du Nord, l’Amérique latine, l’Asie et l’Afrique, puis, par la suite, à

    travers l’action missionnaire.

    Aujourd’hui, il y a plus de 60 millions de luthériens, dont plus de 56 millions font partie des Eglises membres de la Fédération luthérienne mondiale

    (FLM) qui a son siège à Genève.

    Le théologien zimbabwéen Ishmael Noko, qui est secrétaire général de la FLM

    depuis novembre 1994, est le premier Africain à occuper cette fonction à la

    Fédération.

    "Luther était allemand, certes, mais pas seulement", fait-il remarquer. "Il

    a puisé une partie de son inspiration spirituelle ailleurs que dans la culture allemande."

    "Sa spiritualité et son courage ont influencé les chrétiens des autres pays

    et le mouvement tout entier de la Réforme."

    "C’est la raison pour laquelle, si vous me demandez pourquoi moi qui suis

    Zimbabwéen, je suis luthérien, je vous répondrai que s’il en est ainsi, ce

    n’est pas à cause du nom de Luther, mais à cause de sa perspective."

    Cette perspective, pour Ishmael Noko, c’est l’accent que met Luther sur la

    question de la grâce et sur la justification par la foi seule. Mais il voit

    également en Luther un exemple pour les "théologies contextuelles" - l’idée

    que le point de départ de la théologie est le contexte social dans lequel

    celle-ci s’élabore.

    "Quand Luther a traduit la Bible pour les siens, en Allemagne, il s’agissait en fait de contextualisation." En outre, souligne Ishmael Noko, le

    fait que Luther ait voulu réformer l’Eglise et non pas en fonder une nouvelle, est l’une des raisons qui doit nous inciter à rechercher l’unité des

    chrétiens. "Luther", affirme-t-il, "a appelé les luthériens à ne pas se

    contenter d’être luthériens, mais à laisser de côté leur autosatisfaction

    pour rejoindre l’ensemble de la communauté chrétienne dont ils font partie.

    Pour moi", insiste-t-il, "être luthérien, c’est être oecuménique." "Quand

    cela nous effraie d’aller de l’avant, vers l’avenir", nous avons la tentation de "nous satisfaire de ce que nous savons et de ce que nous sommes".

    "Nous prions pour l’unité des chrétiens, mais nous avons peur d’être unis."

    "Ce que je dis là s’applique, à mon sens, aux luthériens, aux anglicans,

    aux méthodistes, autrement dit, à toutes les familles confessionnelles."

    Pour avancer vers une plus grande unité des chrétiens, la Fédération

    luthérienne mondiale et le Vatican espèrent se mettre d’accord sur une

    déclaration, en 1997, qui permettrait aux deux confessions de "lever" les

    condamnations réciproques concernant la doctrine de la justification question centrale de la controverse entre Luther et l’Eglise catholique.

    Ishmael Noko écarte l’idée selon laquelle, en adoptant cette déclaration

    commune, les luthériens perdront leur identité.

    "L’identité luthérienne réside dans l’unité", affirme-t-il. "Luther a dit

    qúil voulait réformer l’Eglise, l’Eglise tout entière. Notre identité

    réside dans la réforme de l’Eglise. Nous ne parlons pas d’une dénomination

    particulière mais de la réforme de l’Eglise universelle."

    On a reproché à Martin Luther de se ranger du côté des puissants, dans la

    société. Bien que Luther ait commencé la Réforme par un acte de rébellion,

    en 1524 il a appelé les princes allemands à combattre la révolte des paysans qui avaient pris les armes.

    Certains commentateurs ont réduit la position politique de Luther à sa doctrine des deux règnes, selon laquelle les autorités lai"ques et religieuses

    disposent de deux sphères d’activité clairement délimitées. Aux yeux de

    certains, cette doctrine semble prôner l’obéissance à l’autorité temporelle

    quel que soit le prix, ou presque, de cette obéissance.

    Cependant, Luther, pense Ishmael Noko, constitue un défi pour le monde aujourd’hui: "Tout appartient à Dieu et toute autorité, qúelle soit politique

    ou religieuse, est responsable devant le créateur."

    "En d’autres termes, nous ne pouvons pas dire que les choses qui se passent

    dans le monde ne nous concernent pas. Notre monde est le monde de Dieu et

    toutes les autorités politiques sont comptables à Dieu, de même que tous

    les chefs d’Eglise", dit-il.

    Toutefois, le secrétaire général de la FLM juge qúil est également nécessaire de jeter un regard critique sur Luther, en particulier sur son attitude à l’égard des non-chrétiens.

    Luther partageait les idées antisémites de son temps et, à la fin de sa

    vie, il réclamait la prise de mesures particulièrement sévères à l’encontre

    des juifs: notamment, la destruction de leurs synagogues par le feu, l’interdiction d’enseigner, la confiscation de leurs livres.

    En 1984, lors de son Assemblée réunie à Budapest, la Fédération luthérienne

    mondiale a pris acte d’une déclaration dans laquelle, disaient les luthériens, "nous devons reconna#tre avec une profonde détresse le péché des déclarations anti-juives de Luther, et la violence de ses attaques contre les

    juifs".

    Mais, ajoute Ishmael Noko, "nous devons également corriger ce que Luther a

    dit au sujet des musulmans. Sa vision des musulmans... était fondée sur son

    expérience et celle de son temps, et nous ne saurions oublier que Luther

    était seulement un être humain."

    Il met en garde contre toute tentative de placer Martin Luther au-dessus de

    la condition d’être humain. "Pour moi, la signification des événements de

    cette année va au-delà d’une simple commémoration de Martin Luther, de

    l’homme qúil était. Je pense plutôt que nous étudions l’histoire pour comprendre le présent et cheminer vers l’avenir. Nous ne devrions pas nous

    laisser enfermer dans le passé. Nous devons garder le sens de la communion

    de tous les saints, des saints qui s’en sont allés, qui sont vivants, qui

    reviendront." (1184 mots)

    (La Fédération luthérienne mondiale a publié un numéro spécial de Lutheran

    World Information "Remembering Luther in 1996". Il est possible d’obtenir

    des exemplaires - en anglais et en allemand - auprès du Bureau de

    communication, Fédération luthérienne mondiale, Case postale 2100, 150

    route de Ferney, CH - 1211 Genève 2, Suisse. Fax: (+41-22) 798 8616;

    E-mail: ajàwcc-coe.org)

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