Mgr Mamie et une paroisse accueillent les "missionnaires en congé"
Lausanne, 6septembre(APIC) La paroisse Notre-Dame à Lausanne et Mgr Pierre Mamie, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, ont accueilli
samedi une vingtaine de missionnaires en congé originaires du diocèse. Une
réunion faite de moments de prière commune, de présentation mutuelle, de
réflexions sur des thèmes d’actualité missionnaire, enfin de dialogues personnels et de retrouvailles fraternelles autour d’une tasse de café ou du
repas de midi pris dans les locaux de la paroisse du Valentin. Des responsables de l’animation missionnaire en Suisse romande comme des membres de
groupes missionnaires s’étaient joints à cette rencontre.
L’abbé Claude Ducarroz, curé de la paroisse Notre-Dame, a d’abord évoqué
le sens de cette journée toute simple: partager les joies des Eglises locales au service de l’humanité, en soulignant que chaque communauté chrétienne en Europe ou ailleurs est "fille de missionnaires". Et de rappeler comment il y a 200 ans, une migrante et réfugiée venue de France, la baronne
d’Olcah, avait pour ainsi dire enfanté la future communauté catholique
lausannoise.
Jean-Jacques Duvoisin, responsable du groupe d’organisation de la journée, a fait allusion au symbole d’une grande maison où des gens se parlent
et se rencontrent. Des fenêtres donnent sur le sud, d’autres sur le nord.
Pourquoi ne pas échanger la vision de chacun et les perspectives réciproques de la vie de l’Eglise, à la fois semblables par le même message évangélique et différentes par les contextes historique et culturel de chaque
pays?
Présentation mutuelle
Cette brève introduction menait, tout naturellement, à écouter chaque
missionaire en congé. Tous ont parlé de leur travail apostolique, mais aussi (à la demande de Mgr Mamie) de la situation politique de chaque pays.
Tour à tour, des religieux, prêtres, religieuses, laïcs, travaillant au Togo, Rwanda, Madagascar, Haïti, Philippines, Sénégal, Cameroun, Guadeloupe,
Paraguay et Tchad, ont pu exprimer, par un bref flash de la vie du peuple
qu’ils apprennent à connaître, des espaces d’espérance, comme la réalisation d’un synode dans un diocèse au Tchad, qui se met à écouter les gens
pour réorienter une pastorale plus proche de leurs besoins spirituels et
matériels immédiats. Mais parfois des inquiétudes se font jour: celle des
catholiques haïtiens qui se demandent pourquoi seul le Vatican a reconnu
diplomatiquement la junte militaire d’Haïti.
Anciens et nouveaux défis
Des carrefours ont réuni l’après midi les participants autour de trois
thèmes: l’inculturation de l’Evangile; comment être missionnaire dans un
pays islamique?; enfin, évangélisation et développement. Des questions nouvelles et anciennes qui obligent les missionnaires à distinguer le message
évangélique lui-même de son revêtement culturel pour mettre en valeur tous
les peuples de l’univers face "à l’arrogance occidentale". Des nuances précieuses ont été apportées sur le regard que l’on porte trop facilement à
l’islam. Les relations entre chrétiens et musulmans se vivent bien au Sénégal. Dans d’autres pays, il convient de ne pas faire des généralisations
abusives à cause de certains "intégrismes effectivement inquiétants".
Dans la question de l’évangélisation et du développement, des membres de
ce carrefour ont noté trois phases d’accent pastoral. Au début, le souci du
développement était d’abord perçu en vue du progrès de la mission. Puis est
venu la découverte du développement pour lui-même, comme oeuvre humaine et
chrétienne. Le moment n’est-il pas venu de s’orienter davantage encore vers
des oeuvres alternatives où se vivent les droits de l’homme et la défense
des marginaux et des plus pauvres?
L’oecuménisme dans les pays du sud
Lors de la mise en commun des carrefours, le dialogue a porté sur les
expériences oecuméniques dans les différents pays. L’expérience de Madagascar a été soulignée. Les bons rapports existant entre les Eglises protestantes et l’Eglise catholique dans ce pays permettent actuellement un climat d’entraide mutuelle. Elles peuvent offrir ensemble leurs services à
ceux qui s’affrontent à la situation politique actuelle.
Une autre question a été évoquée. Comment permettre à des jeunes de percevoir les pays du sud, en dehors du tourisme ordinaire? Si cela est préparé au départ et s’ils sont accueillis sur place, "ce voyage pas comme les
autres", peut permettre un engagement futur, a indiqué une religieuse, citant une expérience concluante au Tchad et au Cameroun. Mgr Mamie a alors
rappelé qu’il essayait de mettre en pratique le conseil de Paul VI: "Ce
sont aussi aux évêques européens d’aller en Afrique et de visiter régulièrement d’autres diocèses!"
Une journée simple, sans grandes déclarations, que cette rencontre missionnaire en ce début de septembre. Mais un vrai partage, dans la prière
fervente au moment de l’office chanté du milieu du jour où lors de la messe
paroissiale présidée par l’évêque du diocèse. Une joie visible jusque dans
les yeux des missionnaires qui se réjouissent, dans quelques jours ou dans
quelques semaines, de retrouver leur peuple aimé au nom du Christ vivant.
Fraternel et sympathique aussi, mais d’aller au-devant de l’accueil de familles lausannoises qui recevaient chez elles les missionnaires en congé"
pour le repas du soir. (apic/ba)