Lausanne: Synode de l’Eglise réformée vaudoise (150693)
Lausanne, 15juin(APIC) "L’Eglise n’est pas d’abord une montagne de papier, mais des visages". Tel a été le credo du président du Conseil synodal, le pasteur Jean-Paul Perrin, en ouverture du Synode de l’Eglise
évangélique réformée du canton de Vaud (EERV), qui s’est tenu les 14 et 15
juin au Palais de Rumine à Lausanne.
Cette dimension est nettement apparue dans les préoccupations des 140
délégués au législatif de l’Eglise, puisqu’ils ont commencé par aborder les
problèmes liés à l’accompagnement des personnes hospitalisées. Ils ont également envisagé la possibilité de créer une "commission théologique" pour
préparer leurs débats. Face au chômage, dans le contexte actuel de difficultés économiques, les délégués synodaux ont décidé à l’unanimité que
l’Eglise doit se donner les moyens d’assumer ses responsabilités pour répondre aux questions et défis posés dans le domaine du travail.
Accompagnement des personnes hospitalisées
Le Synode a pris connaissance du rapport d’une commission qui a examiné
la situation de l’aumônerie en milieu hospitalier dans le canton. Une analyse détaillée a permis de faire le point sur son organisation, sur le travail et la formation des aumôniers, et sur la manière de transmettre aux
paroisses les avis d’hospitalisation. Lorsqu’un paroissien protestant est
hospitalisé, l’information au pasteur de sa paroisse est en principe liée
au secret médical, et ne devrait être décidée que sur demande du patient ou
suite à une mûre réflexion de l’aumônier d’hôpital. "Nous n’avons plus les
moyens de faire notre travail pastoral", a plaidé un pasteur, exprimant
ainsi la difficulté des ministres d’être informés de l’hospitalisation d’un
de leurs paroissiens... avant qu’il ne rentre chez lui. Mais la Commission
recommandait que la sphère privée des patients soit respectée; les avis
d’hospitalisation ne seront donc envoyés aux pasteurs de paroisses qu’avec
l’accord de principe des patients. La Commission a en outre demandé que
l’aumônerie des hôpitaux de zone soit développée et soutenue par l’Eglise,
soulignant que "l’hôpital est un lieu privilégié d’une présence de l’Eglise".
Une commission théologique, pas d’ayatollah !
Suite aux discussions concernant les nouvelles fêtes (culte de bénédiction des catéchumènes et Fête de l’alliance), lors du Synode de novembre
1992, un délégué avait souhaité la création d’une commission théologique.
Par cette proposition, soutenue par quelques membres du Synode, il espèrait
améliorer l’information et la préparation du Synode, et lui permettre de
"mieux faire de la théologie". Le Conseil synodal, de son côté, n’est pas
favorable à cette idée, craignant l’institution d’un "magistère théologique
de l’Eglise". La discussion à ce sujet a continué lundi. Le professeur R.
Campiche a rappelé la disponibilité des "docteurs" de l’Eglise que sont les
professeurs de la Faculté de Théologie. Certains délégués ont évoqué la
crainte que la réflexion de l’EERV soit conduite par des "ayatollah". Le
pasteur P. Marguerat a insisté sur le but de la commission qui ne serait
pas de déterminer "La Théologie" de l’EERV, mais de permettre une discussion des opinions théologiques en présence dans cette Eglise multitudiniste. Le Synode a finalement décidé de confier au Conseil synodal la tâche de
désigner une commission temporaire, qui étudiera l’opportunité de créer
cette commission théologique permanente.
Des défis liés au travail
En 1992, le Synode constatait l’accroissement du nombre des situations
économiques et professionnelles difficiles dans le canton. Depuis lors, de
nombreuses d’initiatives ont été prises par les paroisses pour accompagner
les chômeurs. L’Eglise s’étant trouvée interpellée à plusieurs reprises par
des questions liées au travail (travail dominical, ouverture nocturne des
magasins, chômage), le Conseil synodal a rendu attentif le Synode de la
responsabilité de l’Eglise face à ces problèmes. Elle se doit en effet
d’offrir sa réflexion sur le sens de la vie et une solidarité concrète avec
les personnes en difficulté. Pour répondre à ces exigences éthiques et pastorales, les délégués au Synode vaudois ont adopté à l’unanimité une résolution demandant que "l’Eglise se donne les moyens d’accomplir de façon
permanente son ministère et assume ses responsabilités face aux questions
et défis liés au travail (...)" Le Conseil synodal a été chargé de proposer
les mesures nécessaires.
Finances satisfaisantes... pour l’instant
En fin de session, le Synode a passé en revue les comptes 1992 de l’EERV.
"Nos comptes se présentent mieux que prévu", a déclaré le trésorier de
l’Eglise, le conseiller synodal Jean-Daniel Cruchaud. En effet, le déficit
de 38’419 francs est inférieur de moitié à celui prévu au budget. Cette
bonne surprise est due à des recettes supplémentaires: hausse des contributions paroissiales, apport supplémentaire de l’Etat, à la gestion prudente
de l’enveloppe des 250 postes - dont la totalité n’a pas été occupée en
permanence -, et à des taux hypothécaires favorables. Le Conseil synodal a
aussi fait des économies sur les charges pour un montant de 55’913 francs,
sur un total de dépenses de 3’189’266 francs. "Ne nous réjouissons pas trop
vite!", a cependant averti le président du Conseil synodal, Jean-Paul Perrin, qui voit poindre de nouvelles difficultés à l’horizon. (apic/spp/mp)