Lausanne: Soeur Minke à la cathédrale pour la dernière conférence de carême
Lausanne, 31mars(APIC) Plus de 250 personnes ont chanté et prié mardi
soir à la cathédrale de Lausanne autour de la communauté oecuménique des
soeurs de Grandchamp (NE). Pour la dernière des conférences de Carême, les
paroisses réformées et catholiques du centre-ville avaient invité soeur
Minke, prieure depuis 1970 de la communauté de Grandchamp.
Soeur Minke a d’abord fait le portrait de sa communauté. A cause du
Christ et de l’Evangile, une cinquantaine de soeurs, très différentes les
unes des autres par l’âge, le tempéramment et les origines nationales et
ecclésiales (réformées, luthériennes et méthodistes) vivent deux appels:
"Viens à l’écart" et "Elargis l’espace de ta tente". Venir à l’écart pour
chercher la face du Seigneur, se laisser rejoindre dans la solitude, laisser grandir en soi la confiance. Elargir l’espace de sa tente pour ouvrir
son coeur, ne pas craindre d’être dérangées par ceux et celles que le Seigneur envoie.
Si la plupart des soeurs vivent à la maison-mère de Grandchamp, d’autres
se trouvent en Suisse alémanique, en Israël ou en Algérie. "Nous formons
une mini-Europe, témoigne soeur Minke. Nos différences, nos blessures
personnelles et collectives sont devenues par la prière le lieu d’un appel
très fort à un amour universel, à devenir une maison de prière pour tous
les peuples."
Trois autres témoignages ont complété cette conférence qui s’est vécue
davantage sous la forme d’une célébration. Pour Siong, une femme chinoise,
la chute du mur de Berlin au coeur de l’Europe reste un symbole très fort.
D’autre murs doivent encore tomber, notamment celui du racisme, de l’indifférence et de la haine. Pour Nour, de Madagascar, si l’Europe demeure toujours riche et développée, conserve des terres riches grâce aux engrais,
les pauvretés et le chômage sont les péchés d’un continent individualiste.
Dans la dernière intervention, Muriel, une juive, a rappelé qu’une décennie
avait suffi aux nazis pour commencer à détruire une civilisation millénaire. Elle a cependant redit sa foi en la capacité de l’Europe d’élaborer une
patrie commune basée sur l’éthique.
Après avoir demandé pardon aux trois intervenantes pour les souffrances
infligées par l’Europe aux monde africain, asiatique et juif, soeur Minke a
invité l’assistance à prier pour la réconciliation. En geste de conclusion,
la communauté de Grandchamp a remis aux participants un sac de graines de
moutarde, symbole de la foi qui peut soulever des montagnes. (apic/flr/mp)