"Les études en Suisse:quelles possibilités de retour dans le Tiers-Monde?"
Lausanne, 8décembre(APIC) Les étudiants du Tiers-Monde au bénéfice d’une
formation en Suisse sont confrontés à des difficultés de réinsertion croissantes lors de leur retour au pays : cette constatation a été confirmée par
Jacques Vittori, président du Foyer Saint-Justin de Genève, lors d’une réunion de réflexion et d’information organisée par le Comité d’accueil des
Ressortissants du Tiers-Monde (C.R.T.M.) jeudi 7 décembre à Lausanne. Son
exposé : "les études en Suisse : quelles possibilités de retour dans le
Tiers-Monde ?" a permis aux participants de s’interroger sur leurs options
et d’esquisser des solutions pour l’avenir.
Jacques Vittori a commencé par rappeller les conditions d’une meilleure
la réinsertion : l’envoi par une institution, une expérience professionnelle et la volonté de rentrer rapidement au pays offrent à l’étudiant du
Tiers-Monde en Suisse de réelles chances de trouver une place de travail
chez lui. L’adéquation des connaissances à la réalité du monde du travail
et le désir d’exercer honnêtement son activité sont des atouts non négligeables lors d’une demande d’aide.
s’appuyant sur une étude fait au Mali - pays qu’il connaît puisqu’il s’y
est rendu en janvier - Jacques Vittori a étayé ses propos d’estimations
chiffrées. Les résultats de l’enquête qu’il a cités révèlent une "recrudescence dramatique" du chômage parmi les jeunes diplômés. Selon lui un tel
état de choses résulte en premier lieu de l’intervention du Fonds Monétaire
International (FMI) et de la banque mondiale qui a fait naître une politique d’ajustement structurel : la fonction publique - domaine qui attire en
priorité les diplômés - a subi une vague de licenciements touchant principalement les jeunes. Plus le niveau d’instruction est élevé, moins les emplois sont nombreux : cette constatation a suscité l’inquiétude du conférencier, qui a déploré le manque de coordination dans la lutte contre le
chômage.
Le débat a mis en lumière des questions de fond et des solutions ont été
proposées: mettre en oeuvre une politique de développement plus globale,
encourager la création d’organismes de cautionnement et dispenser une bonne
formation technique et humaine.
Le C.R.T.M. : accueil, animation et aide financière
Le C.R.T.M s’est constitué en 1983. Il est né de la prise de conscience
des difficultés rencontrées par les ressortissants du Tiers-Monde (originaires principalement d’Afrique et d’Amérique latine) lors de leur séjour
en Suisse. Pour répondre au mieux à un besoin de plus en plus pressant, il
s’intéresse essentiellement à la situation des étudiants en formation en
Suisse romande. Service d’Eglise, il réunit plusieurs organismes catholiques : l’Action de Carême , Missio-OPM (les Oeuvres Pontificales Missionnaires), la Ligue suisse des femmes catholiques, Caritas-Suisse, l’Oeuvre
Saint-Justin et l’Union des Supérieur(e)s Majeur(e)s.
L’accueil, l’animation et l’aide financière sont les trois pôles de
l’activité du C.R.T.M.. Le Comité accompagne les ressortissants du TiersMonde et les aide à résoudre leurs problèmes. Il accorde aux étudiants en
fin de formation une aide d’urgence ponctuelle pour leur permettre de terminer leurs études le plus rapidement possible et dans des conditions optimales. Il s’efforce également de promouvoir et de faciliter le retour au
pays d’origine dès la fin de la formation pour contribuer au développement.
(apic/cor)