Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Journée d’étude animée par le Père Jossua

    Lausanne : quels rapports entre foi et littérature ? (241188)

    Lausanne, 24novembre(APIC) Le centre catholique romand de formation permanente (CCRFP) accueillait mercredi 23 novembre à Lausanne le Père JeanPierre Jossua, dominicain et directeur de la revue "La Vie spirituelle"

    pour une journée d’étude sur le thème "L’apport de la littérature pour un

    renouvellement du langage religieux". Historique des rapports entre foi et

    littérature, attention à la diversité des lieux où s’exprime l’acte théologique, retour aux textes qui révèle la capacité créatrice du langage, aptitude de la littérature à exprimer une expérience spirituelle et étude de

    deux poètes contemporains : tels ont été les thèmes abordés.

    Le Père Jossua a commencé par envisager les rapports entre foi et

    littérature dans une perspective historique : du XVIIIème siècle aux années

    soixante un fossé culturel entre littérature et théologie, puis une ouverture de cette dernière aux sciences humaines et à l’expérience, une attention réciproque qui fait de la littérature un lieu théologique spécifique

    par sa capacité à exprimer la présence de l’être et l’expérience.

    Reconnaître l’acte théologique

    Pour le Père Jossua il est indispensable, avant toute réflexion dans ce

    domaine, de distinguer les différents niveaux d’expression de l’acte

    théologique. Pour y parvenir le chercheur doit s’imposer une méthode de

    travail rigoureuse : dépasser l’apologétique, la tentation de tout situer

    par rapport à la foi et se mettre à l’école des écrivains; consentir à des

    autonomies : toute expérience spirituelle n’est pas chrétienne; reconnaître

    l’acte théologique là où il est, non pas réservé aux théologiens mais

    présent dans l’activité de l’écrivain; exercer une critique qui renvoie au

    monde et à la présence de l’auteur.

    Ces limites fixées, il est possible de discerner l’apport des écrivains,

    croyants ou non, au renouvellement du langage théologique : dans le type de

    référence qui est le leur ils rejoignent les théologiens par leur visée

    d’absolu et leur proposent une nouvelle grammaire de la foi, de la catéchèse, de la liturgie.

    L’écriture comme lieu théologique

    Pour illustrer sa démarche le conférencier, parcourant la littérature

    moderne, a relevé les lieux où s’exprime une expérience théologique : la

    capacité créatrice du langage; le roman comme cheminement vers la sainteté,

    qui révèle une Présence autre à travers les états de conscience; l’expérience spirituelle de l’instant qui, réactualisé, rejoint l’Incarnation;

    le langage du seuil ou vocabulaire liminaire dans son extraordinaire puissance de suggestion.

    Des ponts existent

    Le Père Jossua, partant de l’oeuvre de deux poètes contemporains,

    Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy, a tenté de jeter des ponts entre

    littérature et réflexion chrétienne. La poésie touche à la théologie lorsqu’elle devient "poétique des signes de l’insaisissable", attention aux

    signes du sacré, de l’absolu dans l’existence comme chez Jaccottet; lorsque, récusant les concepts, elle traduit l’incarnation et consent à la finitude comme chez Bonnefoy.

    Trois pistes s’ouvrent au chercheur désireux de rejoindre la littérature

    en tant que lieu théologique : le désir qu’exprime l’écriture d’une transcendance dans l’instant, la Présence de l’Absolu au coeur de l’instant et

    l’espoir, qui fait de toute chose un signe.

    Conserver son identité

    Le Père Jossua a mis en garde le chrétien contre la tentation d’une

    théologie naturelle : il ne s’agit pas d’esthétiser la foi, mais de situer

    l’expérience de la beauté à l’intérieur d’une foi historique. Si littérature et théologie se rejoignent dans la recherche de l’Absolu, elles

    diffèrent fondamentalement sur un point : l’initiative de la recherche.

    Chez l’écrivain elle vient de lui-même, chez le chrétien elle vient de Dieu

    et l’écriture est accueil d’une initiative, dialogue avec un Autre.

    (apic/cor)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus