Lausanne, 9décembre(APIC) Pax Christi Suisse Romande dénonce le pouvoir
économique qui domine le pouvoir politique en Suisse. Il l’a fait à l’occasion de sa Journée d’étude qui a réuni samedi 8 décembre à la paroisse StEtienne à Lausanne une cinquantaine de personnes. La section suisse romande
du mouvement international catholique pour la paix a également constaté
qu’il était prioritaire de se préoccuper des droits des plus pauvres en
Suisse avant de défendre un territoire riche contre un agresseur devenu hypothétique.
Pour sa journée d’étude d’hiver consacrée au thème "Encore plus de pauvreté en Suisse", Pax Christi avait demandé les collaborations de Pier-Luigi Giovannini, économiste et ancien secrétaire de la Déclaration de Berne
et du pasteur André Bieler, théologien. Tous deux ont respectivement exposé
les mécanismes économiques qui mènent à la pauvreté et quelques aspects
ethiques de notre responsabilité dans ce domaine.
Trois témoignages de personnes engagées auprès de retraités, des jeunes
et des travailleurs ont permis de mieux cerner la réalité de la pauvreté en
Suisse. C’est ainsi que Joseph Rey, du Syndicat des retraités, a abordé le
thème : "Vivre avec l’AVS en 1991". Serge Zanoli, de Caritas, s’est demandé
"comment vivre avec le salaire minimum en 1991". Quant à Marylou Déchamboux, de l’Action catholique ouvrière (ACO), elle a expliqué "la pratique
des contrats de travail de courte durée".
Dans les ateliers, dans la perspective du 700e anniversaire de la Confédération, il a été constaté qu’en Suisse - entouré aujourd’hui de pays amis
- il devrait être enfin possible de construire prioritairement des espaces
permettant à chacun de retrouver sa dignité; de s’exprimer librement et de
trouver des solutions pour ceux et celles qui ont perdu les droits les plus
élémentaires: logement accessible, travail et revenu décent.
L’assemblée a par ailleurs dénoncé le pouvoir économique suisse qui est
en train de vider complétement le pouvoir politique de son essence. Pax
Christi Suisse Romande pose la question. "Ne subissons-nous pas déjà d’une
sorte de despotisme économique?" (apic/com/ba)