Lausanne: ouverture du cycle des conférences du Centre Catholique (061192)
Lausanne, 6novembre(APIC) Pour la première conférence de la saison 92/93,
c’est à un habitué que le Centre Catholique d’études de Lausanne a fait appel. Anand Nayak, maître-assistant aux Facultés de théologie de Fribourg et
Neuchâtel, a ouvert mercredi dans une salle comble du Centre universitaire
catholique (CUC) ce nouveau cycle consacré au sacré, en mettant l’accent
sur le retour incontestable du religieux dans nos sociétés occidentales.
De plus en plus fréquemment, des études se penchent et s’inquiètent du
phénomène de déchristianisation de nos sociétés modernes. Une statistique
récente montre que 24% des fidèles ont songé à quitter leur Eglise. Les
lieux de prière se vident, et ne semblent pas en passe de se repeupler.
Reste, a relevé A. Nayak, que l’attrait du sacré, lui, ne tarit pas et que
la recherche d’une spiritualité se fait de plus en plus pressante et sincère. "Mais hors des Eglises traditionnelles officielles. Et à cause d’elles,
peut-être".
Selon le conférencier, la responsabilité de cette situation, tragique
pour la défense de notre richesse culturelle, en incombe à nos Eglises.
"Comme réponse au vide spirituel des gens, qui fuient le matérialisme, nous
apportons un Evangile rationalisé, dépourvu de spiritualité, intellectuel.
Le mystère s’en est allé. La célébration de la foi serait donc devenue mentale, cérébrale même?" Pour A. Nayak, "le discours des Eglises s’inscrit en
faux par rapport à l’attente des pèlerins. Ceux-ci veulent vivre leur foi,
sentir Dieu dans leurs tripes, établir une relation véritablement intime
avec lui. Or actuellement, il n’existe rien dans le christianisme pour répondre à cette attente... Il ne reste donc plus qu’à aller voir ailleurs si
Dieu y est...!"
Anand Nayak ne jette cependant pas la pierre aux Eglises: "Notre société
est très aliénée, car le besoin de religieux n’a pas disparu, mais il se
confond avec le vide laissé par le matérialisme". Le message du christianisme, prétendument connu, n’apparaît pas capable d’offrir une réponse appropriée: "On a l’impression que la masse occidentale n’attend plus rien de
son Eglise et cherche Dieu en-dehors d’elle sans essayer de connaître les
richesses du message de Jésus-Christ". Cependant, conclut le conférencier,
les gourous sont-ils vraiment capables de comprendre ce vide de nos sociétés post-modernes, ou ne proposent-ils pas une caricature de ce qui se passe en Orient?". (apic/fr/pr)