Lausanne, 21août(APIC) Le pape Jean Paul II vient d’élever l’église
Notre-Dame de Lausanne au rang de "basilique mineure". Une façon d’honorer
la première et la principale église catholique de la ville à l’occasion du
deuxième centenaire du retour du culte catholique à Lausanne.
Qui dit basilique pense immédiatement aux quatre basiliques majeures de
Rome. Le terme basilisque désigne d’abord un vaste édifice civil des Romains, lieu où se tenaient les activités publiques des citoyens. Lorsque
qu’en 313, sous l’empereur Constantin, le christianisme devint la religion
de l’empire, les chrétiens reprirent pour leurs lieux de culte le nom et
l’architecture des basiliques. St-Jean de Latran, St-Pierre du Vatican, Ste
Marie-Majeure et St-Paul hors les murs sont les quatre basiliques romaines
dites majeures. Ailleurs dans le monde, les basiliques sont dites mineures.
On peut voir trois raisons à l’élévation d’une église au rang de basilique, explique le curé de Notre-Dame, Claude Ducarroz. La première est historique. C’est le cas en Suisse par exemple de St-Maurice où le culte chrétien autour des reliques de saint Maurice et de ses compagnons martyrs est
ininterrompu depuis 1’700 ans. La seconde raison est de mettre en évidence
un lieu de pélerinage important, comme la basilique de Notre-Dame des Ermites à Einsiedeln. La troisième enfin est d’honorer l’église principale ou
particulièrement ancienne d’une cité. C’est le cas des églises Notre-Dame
de Fribourg et de Genève par exemple.
A Lausanne, les trois raisons se rejoignent, l’église Notre-Dame, consacrée en 1835 est la première et et la principale église catholique de la
cité. Elle perpétue aussi la tradition du pélerinage à Notre-Dame de Lausanne qui fut très fréquenté jusqu’à la réforme protestante de 1536. Enfin
l’événement évoqué de manière immédiate est l’arrivée à Lausanne, le 24 mai
1792, de la ’refondatrice’ de la communauté catholique, la baronne d’Olcah,
réfugiée française, qui permit aux catholiques de vivre et de célébrer à
nouveau librement leur foi en ville de Lausanne.
Cet honneur pour l’église Notre-Dame de Lausanne n’a pas été demandé
sans avoir consulté l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud qui n’y
a mis aucune objection.
Pour le curé Claude Ducarroz, cette dignité doit aider Notre-Dame à devenir encore davantage un centre de rayonnement chrétien au coeur de Lausanne et un lieu d’accueil ouvert à tous. Cela doit permettre aussi de renforcer la communion avec l’Eglise universelle et le lien avec le pape qui
préside au service de l’unité. Enfin cet événement est un hommage à la population de la ville de Lausanne et au canton de Vaud. La célébration pour
marquer l’événement n’est pas encore fixée, mais elle pourrait avoir lieu à
l’occasion de la fête de l’Immaculée Conception au mois de décembre. (apiccd/mp)
Encadré
La basilique Notre-Dame de Lausanne
Lors de l’introduction à Lausanne de la réforme protestante par les Bernois
en octobre 1536, le culte catholique fut interdit. Les catholiques immigrés
ou de passage durent se rendre alors à la messe à Assens, près d’Echallens.
En 1792, la baronne Marie-Elonore d’Olcah, accompagnée de son chapelain,
arriva à Lausanne. Cette femme, de surcroît laïque et réfugiée, regroupa
autour d’elle la communauté catholique qui célébra la messe dans diverses
maisons privées. De 1814 à 1835, les catholiques purent célébrer la messe
au temple de St-Etienne, sanctuaire partagé avec les luthériens allemands.
En 1828, le Conseil d’Etat vaudois autorisa la construction d’une église
catholique. On se mit aussitôt au travail sur un terrain en pente près de
l’Université, mais suite à un glissement de terrain en 1831, le bâtiment
fut si endommagé qu’il dût être démoli avant même, d’avoir été occupé.
L’architecte Henri Perregaux construisit alors l’église actuelle qui fût
consacrée en 1835. En 1935, l’architecte romontois Fernand Dumas agrandit
l’église et la dota d’un clocher. C’est de cette époque aussi que datent la
fresque du choeur oeuvre de Gino Severini et la statue du porche de Francis
Baud. Une nouvelle restauration eut lieu entre 1975 et 1977 pour adapter
l’église à la réforme liturgique. (apic/cd/mp)