"Prier dans le souffle de l’Esprit Saint"
Lausanne, 20janvier(APIC) A l’heure ou beaucoup de groupes de prières ou
de mouvements dits "charismatiques" prolifèrent hors des murs de l’Eglise,
ou les chrétiens "traditionnalistes" et "contestataires" s’accusent mutuellement d’affaiblir l’unité de l’Eglise et s’approprient le monopole de
l’Esprit Saint, ce dernier a de la peine à se faire entendre, note Claude
Vetterli, du Centre catholique d’études à Lausanne. Un homme, relève-t-il,
lutte depuis de nombreuses années pour faire comprendre à tous les
chrétiens que les clivages peuvent être dépassés par l’acceptation en commun de l’Esprit comme réalité vivante et créatrice de l’Eglise : le cardinal Leo-Jozef Suenens, qui sera à l’aula de l’EPFL à Lausanne (33 Avenue de
Cour) le mardi 26 janvier à 20h30. Sa conférence aura pour thème "Prier
dans le souffle de l’Esprit Saint".
Le cardinal Leo-Jozef Suenens est aujourd’hui âgé de 84 ans. Il est en
effet né le 16 juillet 1904, à Ixelles, l’une des communes de l’agglomération bruxelloise. Ordonné prêtre en 1927, alors qu’il avait été envoyé à
Rome par le cardinal Mercier pour y étudier la théologie, il revint en Belgique avec un doctorat en philosophie et en théologie et fut nommé professeur au Grand Séminaire de Malines, ou il enseigna jusqu’en 1940. Il assuma
ensuite la charge de vice-recteur de l’Université catholique de Louvain
jusqu’en 1945.
C’est au lendemain de la guerre que l’abbé Suenens fut consacré évêque.
D’abord désigné pour seconder le nouvel archevêque de Malines, à l’époque
le cardinal Van Roey, il lui succéda en 1961 à la tête d’un archidiocèse
restructuré et portant aujourd’hui le nom de "Malines-Bruxelles".
Le Concile lui donne une audience internationale
Le Concile Vatican II allait donner à Mgr Suenens - créé cardinal par le
pape Jean XXIII lors du consistoire du 19 mars 1962, l’année même de l’ouverture du Concile - une audience internationale exceptionnelle. Il faut
dire que le cardinal Suenens fut l’un des quatre modérateurs des travaux
conciliaires (il reste d’ailleurs le seul en vie). Et surtout, il y fit des
interventions remarquées sur les nécessaires réformes à entreprendre, sur
le sens de la collégialité épiscopale, sur le dialogue oecuménique.
En décembre 1979, ce fut Mgr Godfried Danneels, bientôt nommé cardinal,
qui succéda au cardinal Suenens à la tête de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles. Trois ans auparavant, le cardinal Suenens avait reçu le prix de la
Fondation Templeton pour sa contribution au progrès de la religion.
Les ouvrages écrits par le cardinal Suenens au cours des trente dernières années attestent de son esprit d’ouverture et de la diversité de ses
préoccupations : "Amour et maîtrise de soi" (1959), "Vie quotidienne, vie
chrétienne" (1961), "Promotion apostolique de la religieuse" (1962), "La
coresponsabilité dans l’Eglise d’aujourd’hui", "Une nouvelle Pentecôte ?"
(1974), et un livre consacré en 1986 au mystère du mal.
Depuis le début des années 70, le cardinal Suenens suit de près le mouvement charismatique catholique, qu’il préfère d’ailleurs appeler "Renouveau dans l’Esprit". Son ouvrage de 1974 lui était déjà consacré. D’autres
publications sont venues s’y ajouter, manifestant l’importance que l’ancien
archevêque de Malines-Bruxelles attache à ce mouvement sur le plan international, mais aussi l’intérêt qu’il porte à la nécessité d’un discernement
théologique et spirituel. (apic/cip/be)