Lausanne: Le cardinal Schwery à la cathédrale (100393)
Rendre la culture transparente sur l’essentiel
Lausanne, 10mars(APIC) La cathédrale de Lausanne a accueilli mardi soir
le cardinal Henri Schwery, pour la seconde des conférences de Carême organisées conjointement par les paroisses protestantes et catholiques du centre-ville. L’évangile et la politique et la ré-évangélisation de l’Europe,
ont été abordées par l’évêque de Sion.
"Vous êtes le premier cardinal suisse à prendre la parole dans cette
cathédrale, c’est un honneur et une joie" a déclaré l’abbé Claude Ducarroz,
curé de Notre-Dame du Valentin, en accueillant Mgr Schwery au nom des quelques 200 personnes présentes.
A propos des rapports entre l’Evangile et la politique, le cardinal a
relevé que s’il était légitime qu’on demande aux Eglises d’être neutres
dans le domaine économique - par exemple à propos du vote sur l’Espace économique européen - elles ont néamoins à apporter une contribution originale
comme le montre notamment la doctrine sociale de l’Eglise catholique. Il a
rappelé aux croyants qu’ils ont à défendre un ordre économique basé sur les
critères du droit et de la justice.
Mgr Schwery s’est interrogé ensuite sur la banalisation du vocabulaire
chrétien. Une revue n’a pas hésité récemment à écrire: "Il est temps de
croire en la résurrection" pour parler de la récupération de bouteilles...
"Ces bavures culturelles m’intriguent et m’interpellent", souligne l’évêque
de Sion qui dénonce l’indifférence qui "braconne dans nos sacristies et colonialise le christianisme". La culture s’appauvrit en sa source. Même si
la cutlure populaire reste sensible aux valeurs du christianisme, "comme
ces marches aux flambeaux pour soutenir des causes profanes", la banalisation s’accentue. "Quelle cultutre offrons-nous aujourd’hui aux adultes de
demain, quand on connaît l’importance des rêves d’enfants?" A une époque où
drogue, sexe et gourous font plus recette que la poésie, l’orateur interpelle son auditoire sur ce braconnage actuel qui "nous montre que nous
n’avons pas su maintenir le lien vital entre la végétation culturelle et
son enracinement dans la foi". Tout en appelant les chrétiens à renoncer
aux ’jérémiades’, le cardinal invite chacun à déceler et à lire dans la
culture d’aujourd’hui, les signes porteurs de valeurs évangéliques. "Les
signes qui ne sont pas contre le christianisme, sont à la gloire du créateur". Pour lui, la tâche des chrétiens est de "rendre transparente la culture sur l’essentiel, cet autre qui s’appelle Jésus-Christ". "Quelqu’un
nous motive, pas seulement des idées! Jésus n’a-t-il pas toujours recherché
la confrontation personnelle plus que le débat d’idées? Evangéliser la culture en profondeur passe par l’évangélisation de l’homme". Evangéliser
l’Europe n’est donc pas un fait du passé, c’est un éternel renouveau, a
conclu le cardinal. (apic/flr/mp)