"L’appel des marginalisés"
Lausanne, 19novembre(APIC) En ce temps de Noël, qui est un temps fort au
point de vue liturgique, une époque ou beaucoup de gens doivent se creuser
la tête pour savoir quel cadeau faire, on ferait mieux de penser à ceux qui
n’ont ni notre confort ni nos possibilités, a déclaré jeudi à Lausanne M.
Vital Darbellay, président de Caritas Suisse. C’est par ce rappel que le
conseiller national valaisan entendait lancer la campagne nationale de Caritas Suisse, qui démarrera ce week-end et qui a pour thème "L’appel des
marginalisés". Caritas veut ainsi répondre aux demandes non seulement des
plus pauvres du tiers-monde, mais également des laissés-pour-compte de
notre société d’abondance, les "nouveaux pauvres".
A l’occasion de sa traditionnelle campagne de décembre, Caritas Suisse
entend attirer l’attention de la population "sur la propagation désastreuse
de la pauvreté parmi certains groupes de la population en Suisse", sans
négliger pour autant la misère qui frappe les pays les plus pauvres, notamment l’Ethiopie, qui se trouve à la veille d’une nouvelle famine. Caritas a
lancé lors de son Assemblée générale du 13 mai dernier son programme
1987/1991 sur le thème "La détresse, un défi qui nous interpelle" et cette
campagne de décembre en est sa suite logique, a rappelé le politicien valaisan, avant de souligner que quand on parle de misère dans le tiersmonde, on comprend plus facilement que quand on parle de détresse en Suisse
: "Et pourtant, relève-t-il, la détresse existe aussi chez nous; on est
bien le pays qui a l’un des plus haut standarts de vie parmi les pays industrialisés, le plus grand produit national brut par habitant, mais c’est
une moyenne et les moyennes ne donnent jamais les extrêmes...Et dans un
pays qui est riche comme le nôtre, c’est peut-être plus difficile qu’ailleurs d’être pauvre!". Et de souligner que les nouvelles pauvretés sont
souvent une combinaison de détresse morale et de pauvreté matérielle.
Présente à la conférence de presse, Soeur Magdalena Salazar, une religieuse colombienne des Petites Soeurs de l’Assomption, dont la communauté
vit dans un bidonville de Bogota, en Colombie, a montré combien était
nécessaire le soutien que lui fournit Caritas Suisse. Sur ses quelque 5
millions d’habitants, la capitale colombienne compte plus d’un million de
personnes vivant dans des bidonvilles. Soeur Magdalena, qui est âgée de 64
ans et qui vient d’un milieu aisé, a choisi il y a 12 ans de vivre parmi
les plus pauvres, à Atenas, l’un des 200 quartiers pauvres du Sud-est de la
ville. C’est un de ces "quartiers pirates" - que les sans-logis ont occupé
illégalement parce qu’ils ne savaient ou aller - dont la population s’est
mise en marche avec le soutien des religieuses et s’est organisée dans
l’"AVESOL", l’Association de voisins solidaires. Fort de l’appui de Caritas, ce quartier a pu créer des communautés ecclésiales de base et mettre
sur pied des programmes de santé et d’éducation, notamment au profit d’enfants travailleurs, souvent frappés par la maladie (maladies respiratoires,
diarrhées, etc) aggravées par les mauvaises conditions d’hygiène et la malnutrition. Notons qu’AVESOL n’est que l’un des multiples projets
bénéficiant du soutien décisif de Caritas Suisse. (apic/be)