Lausanne: La Vie Montante souffle ses 25 bougies (080690)
Lausanne, 8juin(APIC) Ils étaient plus de 3’000, les membres de la "Vie
Montante (VM), le mouvement des aînés de l’Eglise catholique, accourus jeudi 7 juin à la patinoire de Malley (Lausanne) de l’ensemble des cantons romands pour participer à leur fête. 3’000 visages, non pas de vieux, mais
d’aînés de 65 à 96 ans, tout simplement, parce qu’ils sont aussi nos parents, venus souffler les 25 bougies d’un mouvement jeune créé en Suisse
romande en 1965/66. 3’000 visages venus pour se retrouver l’espace d’une
journée pour communiquer entre eux et avec les évêques et 100 prêtres présents et pour démentir Jacques Brel lorsqu’il chantait "les vieux ne parlent pas".
Tout un programme que ce 25e anniversaire. Chants, musique, jeux scéniques et une liturgie figuraient au programme d’une journée à laquelle avaient tenu à s’associer le pape qui, dans un message, s’est uni à ce jubilé
"tout imprégné d’action de grâce, de réflexion et des joies de l’amitié",
des délégations de cinq pays européens, et pour la première fois des représentants de la Suisse alémanique.
Mouvement laïc chrétien de retraités, la VM, dont la charte se résume en
trois mots: spiritualité, amitié et apostolat, est ouverte à l’oecuménisme
et aux problèmes sociaux. La VM, explique Yvonne Collaud, responsable fribourgoise du mouvement et vice-présidente romande, "c’est d’abord une réflexion spirituelle pour motiver et engager les gens vers le social, mais
aussi un langage clair adressé aux aînés visant à leur dire: prenez-vous en
charge, restez debout jusqu’au bout et n’acceptez pas d’être maternés par
la société".
Non à l’isolement et à la solitude
Un langage que partage le Jurassien Louis Gisiger, président du mouvement. Il y a l’aspect spirituel et chrétien du mouvement dans lequel s’enracine la VM. Mais il y a aussi celui de la lutte que doit affronter l’aîné. Lutte contre le repli sur soi-même lors de la retraite, contre l’abandon des activités professionnelles, contre l’isolement et la solitude...
pour trouver quelque chose de solide, de vrai et de meilleur par la foi.
Pour trouver des sources nouvelles d’espérance. Ce que nous recherchons,
poursuit Louis Gisiger, c’est aussi des contacts intergénérations, donc
avec les jeunes également, car entre ces derniers et nous, certains problèmes sont identiques: "Ils ne gagnent pas encore leur vie... et nous ne la
’gagnons plus’". Quant à savoir pourquoi la majorité des membres sont des
femmes, le président de la VM l’explique en affirmant que "les nouveaux retraités sont plus difficiles à convaincre. Adhérer à la VM leur paraît prématuré".
Créé en France il y a 25 ans, le mouvement s’est rapidement répandu en
Suisse romande, à l’initiative de Mgr Barras et du chanoine Albert Catto,
décédé il y a un mois et auquel l’assemblée de jeudi a rendu hommage. Un
premier groupe a vu le jour à Lausanne en 1966. D’autres ont suivi un peu
partout en Romandie.
Le mouvement se propage d’abord dans les grandes et moyennes villes,
puis à la campagne, bien que plus difficilement. Les réunions, qui sont
alors animées exclusivement par des prêtres, groupent alors peu de laïcs
prêts à assumer des responsabilités. Depuis 1972, la VM fait partie de la
communauté romande de l’apostolat des laïcs (CRAL).
L’impulsion du chanoine Catto
En 1972 toujours, les évêques de la Suisse romande, de plus en plus intéressés par le mouvement, désignent le chanoine Catto de Lausanne pour assumer le rôle d’aumônier romand, fonction qu’il occupera jusqu’en 1982.
Pionnier de la VM, le chanoine Catto, assisté des aumôniers cantonaux, va
non seulement maintenir les acquis, mais emcore pourvoir au recrutement de
laïcs, favoriser les réunions de masse, les pèlerinages et les sorties
d’aînés. Il ambitionne de créer de nouvelles cellules de VM, de constituer
une équipe romande responsable du mouvement sur la base d’équipes locales
et cantonales. Ses efforts sont couronnés de succès par la création en 1976
d’un comité et d’un secrétariat romand chargés de la direction et du développement du mouvement et de la liaison avec le Comité directeur de la VM
en France.
En 1978, un bulletin romand voit le jour. Etant un mouvement de laïcs
pour des laïcs, la VM recrute et forme des animateurs pour les équipes locales et régionales, et coordonne leur mission avec le conseiller spirituel. Depuis 1977, des cours de formation pour animateurs sont organisés dans
les cantons. Le mouvement, qui va confirmer ses structures en 1987 par des
statuts et créer en 1990 son propre journal, a à sa tête comme aumônier
l’abbé Jean-Marie Patois.
Mouvement laïc chrétien de retraités, la VM est ouverte à l’oecuménisme
et aux problèmes sociaux. Ses activités vont des rencontres mensuelles de
gropupes locaux aux retraites et pèlerinages, en passant par des visites
faites aux malades et aux isolés. Il a pour but de donner un sens à la retraite en valorisant les possibilités des retraités et d’apporter un soutien moral et spirituel. La VM compte aujourd’hui 5’000 membres répartis en
188 groupes paroissiaux dans les six cantons romands. Au niveau international, le mouvement est implanté dans 50 pays des cinq continents. (apic/pr)