Lausanne: L’Association anti-secte ADFIS exclut son secrétaire (220189)
Lausanne, 22janvier(APIC) A l’oeuvre depuis six ans pour informer le public suisse sur les "cultes dangereux et les sectes à risques", fondée statutairement le 4 novembre dernier, l’ADFIS, l’Association pour la défense
de la Famille et de l’Individu à Lausanne est "en veilleuse" depuis vendredi soir. L’ADFIS a cependant bien failli être emportée par la tourmente :
Raymond Zoller, son secrétaire, était lui-même membre de la secte indienne
Shri Mataji. L’ADFIS l’a renvoyé séance tenante.
Suite à l’Assemblée générale extraordinaire "houleuse" convoquée vendredi soir à Lausanne pour décider de la radiation de M. Zoller et de son
épouse de son Comité, - exclusion votée par 19 voix sur 20 - l’ADFIS ne se
sabordera pas, mais a mis sur pied une Commission de réflexion de quatre
personnes. Cette Commission ad hoc, qui se réunira le 26 janvier, va relancer l’association ces prochains mois, chercher un nouveau Comité et choisir
de nouvelles priorités. "La radiation de M. Zoller ne va pas porter un coup
fatal à l’ADFIS, affirme le diacre protestant lausannois Paul Ranc, président démissionnaire, mais nous allons au contraire resserrer les rangs".
Le Comité est démissionnaire en bloc, mais M. Paul Ranc, son épouse et
le caissier de l’ADFIS ont accepté de rester à leur poste "pour ne pas
créer de vide juridique". Mmes Françoise Elsig, vice-présidente de l’ADFIS,
et Estelle Sandoz, ne sont par contre pas revenues sur leur décision. Les
personnes restant au Comité se contenteront d’expédier les affaires courantes, mais il n’y aura ces prochains mois ni projets d’extension ni contacts
avec la presse.
Pas une "secte à risques" ?
Pour Paul Ranc, l’ADFIS a été trompée par M. Zoller : les ADFI internationales ont qualifié Shri Mataji de secte et il y a des documents qui le
prouvent, c’est pourquoi leur secrétaire a été exclu : "Il nous a menés en
bateau sur toute la ligne; je savais qu’il avait fait partie de cette secte, mais il n’avait jamais dit clairement qu’il y appartenait toujours.
L’affaire a éclaté quand j’ai appris qu’il habitait les locaux de la secte
à Tannay (VD)".
Quant au principal intéressé, il a effectivement quitté Fribourg et habite provisoirement Tannay. Il conteste que Shri Mataji, qui enseigne le
sahaja-yoga, fasse partie des "cultes destructeurs". La preuve : le "Rapport Vivien" - nom du député socialiste français Alain Vivien qui avait été
chargé en 1982 par le Premier Ministre Pierre Mauroy d’enquêter sur les
sectes - ne mentionnerait pas Shri Mataji. Raymond Zoller estime que la
campagne montée contre lui relève de la jalousie et que le mouvement dont
il est proche "n’est pas une organisation criminelle et qu’il n’y a jamais
eu d’actions en justice comme dans le cas de la Scientologie, de Moon, des
Enfants de Dieu ou de Krishna". (apic/be)