Lausanne: journée d’étude sur la communication (180388)
Lausanne, 18mars(APIC) Importance de l’opinion publique dans l’Eglise et
contrainte de la communication, tels étaient les thèmes traités par le Père
Carlos-Josaphat Pinto de Oliveira, dominicain et professeur de théologie
morale à l’Université de Fribourg, et André Kolly, informateur religieux le
jeudi 17 mars à Lausanne. Ce jeudi avait lieu la Journée d’étude organisée
par le CCRFP (Centre catholique romand de Formation permanente) sur le
thème "Communication et opinion publique dans l’Eglise". Cette journée a
rassemblé une vingtaine de participants et leur a permis de prendre conscience de l’existence et de la force d’une opinion publique dans l’Eglise
et de mesurer l’espace de liberté dont dispose les communicateurs.
la matinée était consacrée à un exposé du Père Pinto de Oliveira sur
l’opinion publique dans l’Eglise. Il est parti de la définition de Pie XII:
"L’opinion publique est l’écho naturel, la résonnance commune plus ou moins
spontanée des événements et de la situation actuelle dans les esprits et
dans leurs jugements". Le Père Pinto a, par un bref historique de la
doctrine sociale de l’Eglise, développé la prise de conscience par celle-ci
de l’existence d’une opinion publique en son sein et, en même temps, il a
exprimé la nécessité d’une presse libre et responsable.
"L’opinion publique mérite une priorité dans les projets pastoraux", a
affirmé le Père Pinto. Pour qu’une telle intégration se réalise, l’Eglise
doit faire l’effort de comprendre les mécanismes de l’opinion publique
qu’elle soit fondée sur l’affectivité ou la rationnalité, qu’elle soit
profonde ou superficielle. Elle doit savoir discerner les raisons qui
mobilisent ou démobilisent l’opinion publique et reconnaître ceux qui en
usent. Selon le théologien brésilien, l’opinion publique dans l’Eglise se
caractérise par la capacité de s’intéresser à la marche de l’Eglise et de
créer et développer un sens du dialogue.
"L’Eglise a relevé le Père Pinto, doit collaborer encore plus étroitement avec les professionnels de l’information, les associant à toutes les
étapes de l’élaboration de ces documents. Une presse libre et responsable
et un effort mutuel de compréhension sont les conditions d’une meilleure
adéquation de la doctrine à l’opinion publique".
L’après-midi a permis à André Kolly, à partir de son expérience professionnelle, de préciser les contraintes qui pèsent sur la communication et
de définir la place de la communication religieuse dans l’ensemble des
médias. Il a rendu attentif au nouveau conditionnment de la communication
que sont la profusion des moyens, la surabondance de l’offre, la course à
l’audience et l’intrusion du "sponsoring".
Il a également souligné quelques difficultés spécifiques de l’Eglise
dans le domaine des médias: la sécularisation, la concurrence même sur son
propre terrain, les attentes du public et les impossibilités de nature.
"L’Eglise nourrit aussi des espérances face à la communication: celle-ci
lui renvoit sa propre image et la fait exister dans son dynamisme de peuple
de Dieu". Un visionnement a, enfin, rendu les participants plus sensibles
au phénomène médiatique.
Lors du bilan de la journée, André Kolly a insisté sur la nécessité de
jouer le jeu des médias; il a appelé à la solidarité avec les milieux de
l’information dans l’Eglise. Le Père Pinto, relevant qu’agir est toujours
un risque a exprimé sa conviction fondamentale: "Ne pas rester spectateur".
(apic/cor/bd)