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    Lausanne: conférence du secrétaire général du COE, Konrad Raiser (171293)

    "Le mouvement oecuménique en face de nouveaux défis"

    Lausanne, 17décembre(APIC) Sur le thème "Le mouvement oecuménique en face

    de nouveaux défis", le secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE), Konrad Raiser, s’est exprimé jeudi 16 décembre à Lausanne, au

    cours d’une conférence publique organisée par la Faculté de théologie de

    l’Université de Lausanne. Deux constats ont en particulier frappé l’assistance: les Eglises historiques sont trop sur la défensive face aux "symptômes inquétants de la modernité"; le succès des Eglises réformées non officielles, souvent très prosélytes qui "rechignent au dialogue".

    Depuis 1989 et l’écroulement du communisme, l’oecuménisme est, selon K.

    Raiser, "en transition". A l’approche du nouveau millénaire, en ce temps où

    religion et spiritualité se côtoient, l’individualisme exacerbé et les

    idéologies exclusives sont "des symptômes inquiétants de la modernité".

    Marginalité, chômage, suicide, pauvreté grandissent dans notre société.

    "Devant cette montée de la sécularisation, les Eglises historiques sont

    trop sur la défensive. La baisse de leurs effectifs les poussent à chercher

    localement les moyens d’une nouvelle présence dans le monde. Le mouvement

    oecuménique n’a pas trouvé un langage nouveau pour répondre à la montée de

    la sécularisation", a fait observer le conférencier.

    Autre sujet de préoccupation pour Konrad Raiser: le succès des Eglises

    réformées non officielles et leurs difficultés avec le mouvement oecuménique. "Celles-ci sont souvent très prosélytes et rechignent au dialogue oecuménique", a-t-il constaté. Pour illustrer son propos, le secrétaire général du COE a cité le cas d’une rencontre entre plusieurs responsables de

    ces Eglises "avec qui nous étions en accord sur beaucoup de points dans

    l’approche biblique. Mais ils ne voulaient pas que leur membres aient connaissance de cette rencontre car, prétextèrent-ils, cela porterait préjudice".

    Créé en 1938, le COE sort depuis une vingtaine d’années de son utopique

    oecuménisme avec la vision d’une Eglise dans un monde unique traversé par

    un christianisme universel. Ce paradigme classique, selon K. Raiser, est

    critiquable dans une société pluraliste. A l’aube du second millénaire "la

    perspective eschatologique fait contrepoids à la christologie. Nous attendons toujours que Dieu accomplisse son royaume". Et de conclure en relevant

    que d’une idée d’unité, on est passé à celle de ’koinonia’ communion". La

    Constitution du COE, a-t-il fait observer, rappelle que ce Conseil est une

    communauté - c’est-à-dire ni une communion, ni une fédération - fraternelle

    d’Eglises qui "confessent le Seigneur Jésus-Christ comme Dieu et Sauveur

    selon les Ecritures..." (apic/flr/pr)

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