Les "Indios" du Pérou: un peuple oublié
Lausanne, 9novembre(APIC) Depuis une vingtaine d’années, le Père Giovanni
Salerno se voue aux populations les plus démunies des hauts plateaux andins
du Pérou. Confronté à une réalité faite de misère et d’injustices, il conçoit ce qui va alors devenir le Mouvement des serviteurs des pauvres du
tiers-monde. Hôte du Cercle catholique de Lausanne, ce père augustinien,
prêtre, médecin et missionnaire d’origine sicilienne, a donné mardi soir à
Lausanne une conférence consacrée aux "Indios" du Pérou.
Indios brimés, indios esclaves plus méprisés que du bétail, misère, taux
de mortalité infantile impressionnant...L’approche du monde dans lequel vivent aujourd’hui les indiens des Andes, faite par le biais du témoignage
personnel du Père Giovanni Salerno, ne peut laisser indifférent. Un
témoignage prenant, basé sur un vécu et raconté avec beaucoup de tristesse.
Naïf parfois: "Pas de lumière, pas d’aspirine, pas d’assistance aux femmes
qui accouchent...les hommes qui ne se lavent pas"; accusateur: "L’esclavage
en 1988 existe...des Indios sont vendus pour cultiver la coca, le café ou
le thé, etc"; déséspéré: "mourir de faim...ne pas trouver ni les peaux de
bananes, ni l’herbe des champs pour donner à manger aux enfants".
Les propos tenus mardi soir par le Père Giovanni Salerno ne surprennent
pas pour qui connaît les problèmes qu’affrontent quotidiennement les populations des Andes en particulier, du Pérou, de l’Amérique latine et du
tiers-monde en général. Même tenus en raccourcis et avec une vision partielle des éléments, ils ont le mérite de rappeler que l’indifférence face
à ces réalités est aussi une violence. "La violence dans le tiers-monde est
la conséquence de notre propre violence", dit le Père Giovanni Salerno,
profondément déchiré par la misère qui l’entoure depuis 20 ans.
"Venez nous aider", lance-t-il en guise d’appel. "Que de bien pourrionsnous faire si nous étions plus généreux dans notre coeur", lance le missionnaire. Son action est largement encouragée. Reçu par le pape, il se
verra encourager à poursuivre son oeuvre. Les supérieurs de sa congrégation
l’appuient, l’archevêque de Cusco (Pérou) le soutient. Même les autorités
civiles ont légalisé ses fondations. Pour lui, le Pérou a besoin d’être aidé "comme un frère par un autre frère, non comme un paquet, non avec la
mentalité d’un étranger, d’un européen. Il faut servir, pas commander".
(apic/pr)