Lausanne: conférence du Père Duquoc au Centre universitaire catholique
Lausanne, 12mai(APIC) "Science et responsabilité" tel est le thème sur
lequel le Père Christian Duquoc, dominicain lyonnais, a choisi de s’exprimer dans une série de conférences au Centre universitaire catholique de
Lausanne. Lundi soir, il a amené ses auditeurs à s’interroger sur la réelle
nécessité d’une "humanité à venir" et sur le nouvel impératif de créer une
éthique qui prenne en compte l’avenir.
Situant son discours en regard du livre de Hans Jonas: "Principe de responsabilité", le Père Duquoc avait, lors de sa première conférence, introduit au principe de "peur", dont l’origine est à rechercher dans les conséquences écologiques de décisions scientifiques prises ces derniers siècles.
C’est à partir de ce constat que Christian Duquoc a poursuivi sa réflexion.
On présente souvent comme un "devoir" de sauvegarder un environnement
dans lequel les générations futures ont un "droit" à vivre. Mais accorder
ce droit à quelqu’un qui ne pourra le revendiquer que dans mille ou dix
mille ans seulement, n’est pas sans poser de problèmes. Il nous est d’ailleurs permis de se demander pourquoi, d’un point de vue logique, il serait
"plus critiquable de sacrifier l’avenir au profit du présent, que de sacrifier le présent au profit du futur".
La pensée occidentale classique ne s’attache qu’aux rapports qui existent entre les hommes, hors de tous liens avec l’univers. Il importe que
l’avenir de l’humanité, son droit à l’existence, ne soit plus perçu comme
une possibilité, mais comme une nécessité. Selon le père Duquoc, l’approche
de Hans Jonas est ici originale. Elle consiste à établir "un lien mutuel
entre le cosmos et l’homme". Et ce lien, Jonas le trouve dans le "quelque
chose" - l’Etre- qui réside dans la nature et qui tend vers l’humain. La
finalité la plus pertinente de cet "Etre" demeure dans la production de
l’homme. Le mouvement intime de l’univers contribue ainsi à produire l’humanité nécessaire, puisqu’elle répond à une tendance fondamentale de la nature. Dès lors, si nous interrompons ce penchant, nous commettons un acte
immoral. Hans Jonas désirerait intégrer notre responsabilité morale dans le
droit à l’existence de l’humanité à venir; il y est parvenu en développant
une éthique du lien nature-homme. (apic/fcr/mp)