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    Conférence de la psychanalyste Marie Balmary

    Lausanne: Ce que la mort peut apporter à la vie (111193)

    Lausanne, 11novembre(APIC) Marie Balmary, psychanalyste française, était

    l’invitée mercredi 10 novembre du Centre protestant d’études de Lausanne

    (CPE) et de l’Aumônerie universitaire protestante, à l’occasion de la deuxième conférence-débat de la saison organisée sur le thème de "Cette mort

    qui nous dérange". Auteur de plusieurs ouvrages, Marie Balmary propose une

    relecture psychanalytique des textes bibliques. Un très nombreux public

    s’était déplacé pour écouter ce que d’aucuns appellent le "phénomène Balmary".

    L’être humain se distingue de toutes les créatures vivantes par sa conscience d’être mortel. La mort chosifie, elle fait passer de "sujet" à "objet", d’où la crainte de l’inéluctable, explique la psychanalyste. Mais la

    mort apporte aussi la vie: égalité d’abord, puisque personne, riche ou

    pauvre, célèbre ou anonyme, n’échappe à sa condition de mortel. Liberté ensuite, car seul l’homme détient le pouvoir de mettre fin volontairement à

    ses jours. Si la mort nous appartient, la vie nous appartient également,

    relève Marie Balmary.

    Pour la chercheuse française, la devise - égalité, liberté - ne serait

    pas complète, sans y ajouter fraternité, autrement dit une compassion véritable pour tous mortels.

    La mort et l’origine

    Depuis plusieurs années, Marie Balmary s’intéresse dans ses travaux

    scientifiques aux écrits fondateurs de notre civilisation judéo-chrétienne. Les mythes qui expliquent nos origines, c’est dans la Bible qu’elle

    va les décrypter. Dans sa relecture d’un des mythes fondateurs, celui de la

    Genèse, Marie Balmary démontre, par une traduction mot à mot du texte hébreu, que si tous les animaux sont créés selon leur espèce, l’humain, lui,

    est créé à l’image de Dieu, mais non à sa ressemblance. L’homme, puis la

    femme apparaissent dans la Genèse comme deux "sujets", deux êtres parlants,

    et non comme deux créatures, "objets" divins. La référence à la mort n’a

    rien de biologique, la vie ou la mort sont à mettre en relation avec le

    "sujet à créer", c’est-à-dire l’esprit en l’homme. "L’homme est l’être qui

    peut devenir sujet ou ne pas le devenir, s’il ne reconnaît pas l’autre

    comme sujet", résume la psychanalyste. Les ouvrages de Marie Balmary,

    auteur notamment du "Sacrifice interdit" et de "La divine origine" sont

    considérés comme des "livres sources" par ses nombreux lecteurs.

    Toujours sur le thème de la mort, la prochaine conférence-débat à l’enseigne du CPE sera consacrée l’accompagnement en fin de vie. Elle aura lieu

    mardi 16 novembre 18h30 la salle du Cazard. (apic/spp/mms/mp)

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