Lausanne: 4e conférence de Carême avec (240393)
Des contradictions de l’Europe au renouveau spirituel en Roumanie
Lausanne, 24mars(APIC) La basilique Notre-Dame a accueilli mardi soir le
métropolite roumain Daniel Ciobotea pour la quatrième conférence de Carême
organisée conjointement par les paroisses protestantes et catholiques du
centre-ville lausannois. Remplaçant le métropolite Damaskinos, initialement
annoncé, Mgr Ciobotea s’est interrogé sur la vie spirituelle de l’Europe,
sur ses contradictions, et brossé un tableau de la vie religieuse dans son
pays, du renouveau spirituel surprenant aux dires de l’orateur.
Près de 150 personnes étaient présentes mardi soir pour entendre l’évêque orthodoxe - il occupe le deuxième siège de l’Eglise orthodoxe roumaine
-, responsable dans son pays des questions touchant à la théologie et aux
mouvements de jeunesse. Qui s’est notamment appuyé sur des exemples de renouveau spirituel en Roumanie pour mieux souligner les besoins spirituels
de l’Europe.
L’Europe, selon lui, est un continent contradictoire: pour avoir à la
fois développé le christianisme et engendré le colonialisme; pour être celui de la paix mais aussi de la guerre. L’Europe, pour l’orateur, est aussi
à la fois le berceau de la philantropie et le témoin des camps de concentration. "Décomposée, recomposée, l’Europe est toujours en recherche de
stabilité". Elle ne peut se constituer seulement en un continent économique, en une Europe de marchands. Elle ne peut et ne doit pas oublier ses
racines tournées vers le spirituel.
La Roumanie, a affirmé le métropolite, apprend l’expérience de la liberté après 45 ans de dictature. "Des milliers de roumains affluent dans nos
églises. C’est un peu comme la pêche miraculeuse: nos filets sont pleins.
L’apôtre Pierre était effrayé, rapporte l’Evangile. Nous aussi. Notre Eglise était peu préparée à ce changement brusque.
Selon le prélat orthodoxe, l’Etat a compris que l’Eglise doit contribuer
à la vie spirituelle et morale du pays. "Sans nous substituer à l’Etat, de
manière autonome, nous nous engageons socialement. L’action porte ses
fruits. Dans les hôpitaux par exemple, où depuis qu’on y prie et administre
les sacrements, la consommation de tranquilisants a diminué de 15%". Tout
aussi frappant, la présence de l’Eglise dans les prisons a, selon une récente enquête menée auprès de 800 détenus, modifié le comportement de deux
tiers d’entre eux.
Autre évolution dans la vie spirituelle du pays: la Roumaine compte aujourd’hui 12 facultés de théologies, alors qu’il n’en existait que deux auparavant. Reste, souligne en conclusion Mgr Ciobotea, "que nous manquons de
professeurs, de matériel et d’expérience". Et de lancer un appel: "Nous
avons besoin de vous, d’une solidarité spirituelle..." (apic/flr/pr)