Lausanne: 3’000 personnes ont veillé en compagnie de Frère Roger (080492)
Lausanne, 8avril(APIC) Près de 3’000 personnes, dont une grande majorité
de jeunes, ont participé mardi à une célébration de prière à la cathédrale
de Lausanne animée par Frère Roger, fondateur de la communauté oecuménique
de Taizé. Invité par le Comité des conférences oecuméniques composé de pasteurs et de prêtres lausannois, Frère Roger a conclu le carême par une méditation entrecoupée de chants et de témoignages. De temps de silence aussi. Bonne humeur et ambiance fraternelle ont marqué cette soirée placée
sous le signe de l’oecuménisme.
Jeunes des pays de l’Est, de France, d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne,
d’Afrique et d’Amérique latine côtoyaient pour la circonstances ceux venus
de Suisse alémanique et de Romandie. Autant de nationalités autant de
langues, pour exprimer par la prière et le chant les urgences du monde actuel. L’espoir aussi de mettre le pardon et la réconciliation là où il y a
la haine entre les humains, et aussi là où il y a des ruptures entre chrétiens... ruptures anciennes ou nouvelles. Jusqu’à minuit et bien au-delà,
c’est bien de l’esprit de Taizé que la cathédrale de Lausanne s’est inspirée.
"On m’a demandé de dire à Lausanne quelque chose des débuts de Taizé", a
dit Frère Roger. "Alors je dirais que, dans nos vies, il y a des témoins de
la foi qui, souvent à leur insu, nous ouvrent des chemins d’Evangile. Voici
52 ans, commençant Taizé, j’étais seul. c’était la guerre. Il s’agissait de
cacher des réfugiés politiques menacés de déportation. Et la menace est
aussi tombée sur moi".
"Dans ces années comme aujourd’hui, je me référais à ma grand-mère"...
Et Frère Roger d’apporter le témoignage de celle qui allait lui servir
d’exemple dans l’engagmenent oecuménique qui est devenu le sien. "Cette
femme âgée me disait: ’Il faut tout accomplir pour tenter d’empêcher une
nouvelle guerre en Europe. Que les chrétiens, eux au moins, renoncent à
leurs divisions, à leurs oppositions. Et qu’ils se réconcilient, eux qui se
réfèrent à un Dieu d’Amour". Pour concrétiser son aspiration, cette femme,
alors de souche évangélique, avait choisi d’aller également prier à l’église catholique.
Cette célébration, à laquelle ont participé protestants et catholiques,
notamment, a été marquée par la présence de Mgr Papandreou Damaskinos, évêque orthodoxe du patriarcat oecuménique de Chambésy, de Mgr Gabriel Bullet,
évêque auxiliaire à Lausanne, et du pasteur Marcel Piguet,conseiller synodal de l’Eglise évangélique réformée. (apic/pr)
ENCADRE
La communauté oecuménique de Taizé, en Bourgogne, a été fondée en 1940
par Frère Roger. Constituée de frères catholiques ou de diverses origines
évangéliques de plus de 20 pays, cette communauté travaille pour la réconciliation et la paix. Taizé est devenu un lieu de rencontre où se rendent
en pèlerinage ininterrompu des dizaines de milliers de jeunes du monde entier. Des rencontres intercontinentales ont lieu chaque année réunissant
des jeunes - plus de 6’000 chaque semaine en été - de 35 à 70 pays. La
communauté de Taizé n’a jamais voulu constituer autour d’elle un "mouvement". Les jeunes étant appelés à s’engager dans leur Eglise locale, dans
leur quartier, ville ou village, dans leur communauté paroissiale. Outre
les derniers rendez-vous de Madras (Inde) et des Philippines, des rencontres européennes sont organisées chaque fin d’année. La dernière a réuni
plus de 75’000 jeunes à Budapest. (apic/pr)