Mgr Benjamin Ndiaye, archevêque de Dakar, a exprimé le 19 février 2020 son inquiétude face à la multiplication, au Sénégal, des violences sur les enfants. Des cas de pédophilie dans des écoles coraniques sont régulièrement relayés dans la presse du pays.
Le maître coranique n'abusait pas seulement des enfants de
11 ans, il les forçait à coucher entre eux en sa présence. Des pratiques
perverses mises au jour début février 2020 à Ouakam, dans la banlieue
nord-ouest de Dakar. La police a interpellé le responsable musulman pour "pédophilie,
viols, actes contre nature, et pratiques sataniques" sur les enfants
auxquels il prétendait apprendre le Coran.
Le pays est secoué depuis quelque temps par de nombreux cas de
maltraitance d'enfants, qu'il s'agisse de pédophilie, d'abandon ou de meurtres.
Ces violences et abus touchent de plus en plus fréquemment des écoles
d’apprentissage du Coran. Les tenants de ces institutions trahissent souvent la
confiance des parents et tirent profit de la naïveté des enfants. A Ouakam,
l'enseignant islamique avait commencé ses pratiques en 1999, et les a
poursuivies pendant près de vingt ans sans éveiller les soupçons.
Durcissement de la loi
Face à la répétition de ces affaires, le gouvernement sénégalais a fait voter en janvier 2020 une loi renforçant les sanctions contre les auteurs de pédophilie et de viols. Des actes désormais considérés comme des crimes pouvant être punis de la perpétuité.
Mgr Ndiaye a rappelé que "la violence ne construit pas,
elle détruit". "Tout homme doit respecter son semblable surtout
lorsqu’il s’agit d’un être faible, autrement dit un enfant", a poursuivi l’archevêque
de Dakar, rappelant que les enfants d'aujourd'hui "manquent de soin".
(cath.ch/ibc/ag/rz)