La visite de Gorbatchev au Vatican vue de Moscou (231189)
Moscou, 23novembre(APIC/CIP) Comment les Soviétiques voient-ils la visite
historique de Mikhaïl Gorbatchev au Vatican le 1er décembre - la première
d’un hôte de marque soviétique depuis la visite de Nikolaï Podgorny à Paul
VI le 30 janvier 1967 - ? Comme "un événement d’importance fondamentale, du
point de vue aussi bien de la situation internationale que des relations
bilatérales entre l’Union soviétique et le Vatican", répond Anatoly Adamishin, vice-ministre soviétique des Affaires étrangères.
Lors d’une conférence de presse organisée mercredi soir à Moscou, Anatoly Adamishin, a observé que le dialogue entre l’Union soviétique et le Vatican a pris ces derniers temps "des dimensions nouvelles" et que la rencontre du 1er décembre élèvera ce dialogue à "un niveau qualitativement
nouveau".
Anatoly Adamishin n’a pas exclu que les deux leaders abordent la question de l’établissement de relations diplomatiques et prennent une décision concernant une éventuelle visite de Jean Paul II en URSS.
A ce sujet, il faut rappeller qu’une visite du pape revêt avant tout un
caractère pastoral et qu’à ce titre elle ne concerne pas seulement le
Saint-Siège et les autorités soviétiques, mais aussi et surtout l’Eglise
catholique locale et l’Eglise orthodoxe russe. Etant donné l’opposition du
Patriarcat de Moscou à la légalisation de l’Eglise uniate (catholique de
rite byzantin) d’Ukraine, annexée de force à l’Eglise orthodoxe russe par
Staline en 1946, une visite du pape aux communautés catholiques d’URSS,
peut être lourde de conséquences pour l’avenir des relations entre l’Eglise
catholique et l’Eglise orthodoxe russe.
Vers une égalité de toutes les confessions religieuses
C’est un aspect de la question qui rend celle-ci "très complexe", a affirmé Anatoly Adamishin, avant d’observer qu’il y a un autre aspect, celui
des relations entre le Vatican et l’Etat soviétique, qui doit trouver une
solution dans la législation soviétique, et notamment la future loi sur la
liberté de conscience actuellement en préparation au Soviet Suprême et qui
devrait être approuvée d’ici cinq à six mois. Une loi qui, selon le viceministre des Affaires Etrangères, consacrera "le principe de l’égalité de
toutes les confessions religieuses".
Anatoly Adamishin a toutefois précisé que "les uniates jouissent des
mêmes droits que les autres Eglises" et mis en garde contre le recours à la
violence - allusion implicite à l’occupation de la cathédrale de la
Transfiguration de Lviv par des catholiques ukrainiens en octobre dernier.
"Les catholiques et les communistes sont aujourd’hui à la recherche non
de ce qui divise les hommes, mais de ce qui les unit. Le Vatican a cessé de
lancer des appels à des croisades contre le communisme, nous ne définissons
plus la religion comme un ’opium’", affirme de son côté le journal de la
jeunesse communiste soviétique "Komsomolskaia Pravda", dans un article
qu’illustre - fait exceptionnel - un imposante photo du pape. (apic/jt/bd)