La violence au Moyen-Orient peut conduire à l’autodestruction (131188)
Rome, 13novembre(APIC) Le Moyen-Orient demeure toujours au centre de
l’actualité: en Israël, on tente de former un gouvernement, cependant que
commence demain samedi à Alger le Conseil National Palestinien ou l’on a
l’intention de proclamer un Etat palestinien indépendant. Le journal catholique italien "Avvenire" publie vendredi 11 novembre une interview accordée
par le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, reçu hier en audience chez le pape. Le patriarche y déclare notamment que les guerres de
religions n’existent plus, et que si elles existent encore, c’est parce
qu’on veut camoufler des conflits qui sont purement politiques.
Mgr Sabbah souligne que l’Eglise a un rôle très important à jouer dans
le Moyen-Orient, c’est-à-dire, celui de proclamer les valeurs de la foi et
d’insister sur la nécessité urgente de la paix en vue de bloquer cette violence inutile qui pourrait conduire à l’autodestruction de la Terre Sainte
elle-même. Chaque personne qui veut son propre bien et celui de l’humanité
entière, dit le patriarche latin de Jérusalem, doit choisir la voie de la
paix, sinon il s’anéantit aussi bien moralement que physiquement.
Mgr Sabbah est d’avis qu’une disponibilité ou qu’une bonne volonté de la
part des Palestiniens pourrait favoriser la paix. Quelque soit la déclaration du Conseil d’Alger, dit-il , en ajoutant: "Si elle est modérée et
montre une disponibilité vers un dialogue, elle sera un support ou une aide
à cette paix. Concernant la situation à Jérusalem ou vivent ensemble
chrétiens, musulmans et juifs, le patriarche latin, indique que le dialogue
a toujours existé. Il reconnaît aussi qu’avec les tensions et les violences
actuelles, tout devient plus difficile y compris la convivialité.
Pour ce qui est de la pénétration islamique, Mgr Sabbah reste optimiste.
Le fondamentalisme musulman, dit-il, est avant tout une renaissance et une
réaction religieuse envers une situation politique uniforme; une forme de
colonialisme imposée à l’islam et qui le conditionne d’un point de vue socio-politique, militaire et économique. L’islam signifie soumission à Dieu;
le musulman, à travers la foi et la religion, y voit le rachat, l’unique
moyen de libération de chaque forme d’esclavage; et cela, dit le patriarche
latin, est positif. "Mais, ce sentiment religieux peut se transformer en un
élément négatif lorsqu’il finit dans la violence et le fanatisme.
En conclusion, Mgr Sabbah fait encore remarquer que tous les musulmans
ne sont pas fondamentalistes et que les adeptes du mouvement Chiite ne forment qu’une minorité. Il précise que même si leur nombre se multiplie, il
faut dialoguer, parce que dans toute âme existe la valeur religieuse et humaine. Mgr Saba explique enfin que les guerres de religion n’existent
plus, et que si elles existent encore, c’est parce qu’on veut camoufler des
conflits qui sont purement politiques. (apic/jt/pr)