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    La Toussaint et la Fête des Morts (241088)

    Fribourg, 24octobre(APIC/Evelyne Graf) Lorsqu’on célébre la Fête de la

    Toussaint le 1er novembre, la plupart des arbres ont déjà perdu leurs feuilles, les dernières fleurs disparaissent dans la gélée nocturne. La Toussaint - et la Fête des Morts qui la suit - sont empreintes de mélancholie,

    d’adieu, de mort, mais aussi de résurrection, de joie et de victoire : les

    chrétiens évoquent la mémoire de ceux qui ont cru avant eux et à qui ils

    doivent leur foi.

    On trouve les origines de la fête de la Toussaint en Orient déjà au IVème siècle, lorsque l’Eglise célébrait un jour en mémoire de tous les martyrs, mais la date n’était pas encore fixée. Lorque le pape Boniface IV

    (608-615) consacra le 13 mai 609 le Panthéon païen de Rome à la gloire de

    la Vierge Marie et de tous les martyrs, ce jour de la consécration s’est

    longtemps imposé comme jour de commémoration.

    L’idée d’une fête de tous les saints, et pas seulement des martyrs, a

    pris au VIIe et VIIIe siècles toujours plus d’importance. Le pape Grégoire

    III (731-741) a fait ériger à Rome en l’église St-Pierre une chapelle à la

    gloire de tous les saints. Le calendrier de York dressé aux alentours de

    800 comportait la fête de Tous les Saints pour l’Angleterre et l’Irlande.

    L’initiateur de la fête de la Toussaint le 1er novembre est Alkuin d’York

    (730-804). Vers la fin du 9ème siècle la fête de la Toussaint le 1er novembre était déjà répandue dans toute l’Eglise occidentale.

    Le peuple chrétien a toujours su que les Saints ne sont pas seulement un

    modèle, mais ont aussi un rôle d’intercession. Ainsi les croyants se souviennent toujours à la Toussaint non pas de leurs grands frères et grandes

    soeurs dans le ciel, mais il les interpellent particulièrement pour qu’ils

    intercèdent pour eux. A la Fête des Morts, les chrétiens prient pour que

    Dieu ajoute, à la vie du défunt ce qu’il n’est pas arrivé à réaliser par

    son incapacité, ses faiblesses, ses manquements et ses fautes.

    La Toussaint dans les différentes confessions

    L’Eglise catholique-chrétienne célébre la Fête de la Toussaint "dans le

    même sens que l’Eglise catholique-romaine", déclare l’évêque catholiquechrétien de Berne, Hans Gerny, interrogé par l’agence APIC. C’est une "fête

    du souvenir des saints" dont l’affiliation à l’Eglise n’est pas levée après

    la mort. Comme signes particuliers, ils jouent dans la foi aussi un "rôle

    d’intercesseur".

    Les Eglises orthodoxes ne célébrent pas la Toussaint le 1er novembre,

    mais, d’après une ancienne tradition, le premier dimanche après la Pentecôte. En ce jour l’Eglise russe prie par exemple ainsi : "Réjouissez-vous les

    choeurs des Saints, venez et chantons un chant d’action de grâce au Christ

    notre Dieu : Vois, elle se place devant toi, roi de la splendeur, la foule

    sans nombre de nos parents qui plaisent bien à Dieu et elle nous défend par

    la prière".

    Dans les Eglises réformées, la Toussaint et la Fête des Morts ont disparues, comme l’a déclaré Pierre Vonaesch, secrétaire théologique de la

    Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS). En Suisse alémanique,

    il y a encore un dimanche des Morts ou de l’éternité, qui est célébré le

    dernier dimanche avant l’Avent, d’ordinaire avec un sermon sur le thème de

    la mort, des morts et de la Résurrection. Une partie des communautés

    enchaînent également par une célébration au cimetière. Dans certaines

    régions, les chrétiens réformés allument des cierges sur les tombes, coutume qui, il y a encore 20 ans, aurait été impensable et aurait été refusée

    comme étant typiquement catholique.

    En Suisse romande, comme le constate Pierre Vonaesch, il y a dans les

    communautés réformées ni Toussaint, ni Fête des Morts, ni Dimanche des

    Morts. Mais c’est, ici et là, la coutume, à la fin de l’année, à côté des

    exercices accomplis dans le cadre des fonctions ecclésiastiques comme les

    mariages et les baptêmes de donner aussi lecture des morts de l’année, afin

    de relier les morts à la communauté des vivants. Le refus de l’intercession

    des Saints et de la prière pour les morts a son origine dans la foi des

    réformateurs : ils considéraient Jésus-Christ comme le seul médiateur de

    toutes grâces. Cette vérité - que partage aussi tous les autres chrétiens serait assombrie, selon eux, par l’intercession des Saints ou la prière

    pour les morts. (apic/eg/bd)

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